Dakar , 23 fév (SL-INFO) À Dakar, l’atelier de restitution des missions de benchmarking sur les phytomédicaments de la task force RDIF, ouvert ce lundi et prévu jusqu’au mercredi 25 février 2026, marque une nouvelle étape dans la stratégie de souveraineté pharmaceutique du Sénégal. La rencontre vise à définir des mécanismes concrets pour faciliter, accompagner et évaluer la mise en œuvre de projets et réformes destinés à relancer l’industrie pharmaceutique locale à travers la valorisation des plantes médicinales et la structuration de la pharmacopée nationale.

Fruit d’un travail amorcé par l’Unité de gestion du projet de relance de l’industrie pharmaceutique qui a conduit des missions d’étude en Indonésie, en Inde et au Burkina Faso, l’atelier s’inscrit dans une logique d’apprentissage et d’adaptation des meilleures pratiques internationales.

Partenaire technique et financier du processus, l’agence de coopération belge Enabel accompagne la structuration des initiatives et la capitalisation des expériences issues de ces missions.

Pour le docteur Mor Diagne, conseiller technique du ministre de la Santé chargé de la pharmacie, ces missions constituent un gain de temps stratégique. « On ne réinvente pas la roue », souligne-t-il, rappelant que « dans le monde, il y a beaucoup d’avancées en matière de médecine traditionnelle et de pharmacopée ».

L’enjeu, explique-t-il, est surtout d’identifier « les meilleures pratiques qui s’adaptent le mieux à notre environnement ».

Selon lui, ces expériences seront très bénéfiques, car elles permettront d’adapter et d’implémenter les solutions pertinentes dans une logique d’appropriation locale.

« Il ne s’agira pas de copier, mais de tropicaliser ».

Il évoque également une volonté politique forte d’organiser la médecine traditionnelle et rappelle que le pays dispose déjà d’ »environ 17 projets en cours de maturation » pour produire des médicaments traditionnels de qualité, efficaces et sûrs.

Le responsable estime que la pharmacopée peut devenir un levier majeur de la relance industrielle, en complément de la protection du marché local, de l’ouverture vers des espaces régionaux comme la CEDEAO et du renforcement de la recherche et développement tout en contribuant à la lutte contre les maladies non transmissibles.

Prenant la parole, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé, Guy Njambong, a replacé l’initiative dans un mouvement mondial de reconnaissance de la médecine traditionnelle.

« L’amélioration de la santé publique est au cœur de l’atteinte des objectifs de développement durable », a-t-il rappelé, soulignant que « de nombreux États disposent désormais de politiques, de lois et de programmes dédiés ».

Il a également insisté sur la dynamique internationale marquée par des stratégies visant la qualité, la sécurité et l’intégration dans les systèmes de santé, ainsi que sur la réalité africaine où « environ 80 % de la population a recours à la médecine traditionnelle comme première option de soins ».

D’après le représentant de l’OMS, le défi pour le Sénégal est d’ »accélérer l’alignement avec la stratégie mondiale, renforcer la recherche et la production locale et consolider la réglementation et la surveillance ».

Saluant l’initiative, Guy Njambong a estimé que le pays « peut devenir une vitrine continentale de l’intégration sûre, efficace et équitable de la médecine traditionnelle ».

Dans un pays où ces pratiques restent profondément ancrées dans les habitudes de soins, cette rencontre confirme la volonté des autorités sénégalaises de bâtir un pont entre savoirs endogènes et exigences scientifiques modernes. Les avancées attendues devraient améliorer l’accès à des traitements adaptés et abordables tout en renforçant la place du Sénégal dans la dynamique africaine d’innovation et de production pharmaceutique.

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