Dakar, 24 fév (SL-INFO) – L’ONG Human Rights Watch (HRW) dénonce dans un communiqué l’arrestation récente au Sénégal de douze hommes pour homosexualité présumée « en vertu de lois anti-LGBT sévères » et réclame au gouvernement leur libération.
La gendarmerie sénégalaise a annoncé le 7 février l’arrestation de douze hommes, dont deux célébrités locales, accusées notamment « d’actes contre nature », terme désignant les relations sexuelles entre personnes de même sexe dans ce pays d’Afrique de l’Ouest où elles sont interdites.
Au Sénégal, pays majoritairement musulman et très pratiquant, la loi réprime d’un à cinq ans d’emprisonnement les actes dits « contre nature avec un individu de son sexe ». Des personnes y sont régulièrement arrêtées sous ces chefs d’accusation.
HRW demande au gouvernement sénégalais de « protéger les droits des personnes LGBT » en « libérant les personnes arrêtées » et en « abrogeant les lois discriminatoires et homophobes » en vigueur dans le pays, selon le communiqué.
Ces arrestations « ravive(nt) les inquiétudes concernant la criminalisation des relations entre personnes de même sexe et la sécurité des personnes vivant avec le VIH/sida », poursuit le communiqué.
Plusieurs des personnes interpellées ont été testées séropositives et sont accusées par les autorités sénégalaises de « transmission volontaire du VIH-sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui ».
La gendarmerie avait présenté des photos de préservatifs, les présentant comme des éléments accablants.
« Le fait de se servir de la possession de préservatifs, de lubrifiants ou de traitements anti-VIH comme preuve d’homosexualité, de forcer à faire des tests de VIH et de rendre publique la séropositivité de quelqu’un bafoue ses droits à la vie privée (…) et nuit aux efforts essentiels de prévention et de traitement du VIH/sida », indique HRW.
Au Sénégal, où l’homosexualité est largement considérée comme une déviance et où les discriminations à l’égard de la communauté LGBTQ+ sont régulières, l’affaire fait les choux gras d’une partie de la presse depuis plusieurs jours.
Ces dernières années, la question de l’homosexualité a régulièrement agité la société sénégalaise. L’homosexualité y est aussi souvent décriée comme un instrument employé par les Occidentaux pour imposer des valeurs prétendument étrangères à la culture du pays.
Plusieurs manifestations à l’appel d’associations religieuses ont eu lieu ces dernières années pour demander le durcissement des peines encourues.
Alors qu’il était encore dans l’opposition, l’actuel Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s’est à plusieurs reprises prononcé pour un durcissement de la répression de l’homosexualité.
