Dakar, 24 fév (SL-INFO) – ​L’arrestation de Bachir Koïta, un faux enseignant de 31 ans, a permis aux enquêteurs du commissariat de Grand-Yoff de mettre au jour une présumée industrie de la fraude. Un surveillant de l’école «Intégrale» et un professeur du Lycée des Parcelles Assainies figurent parmi les cerveaux présumés de cette organisation. ​C’est un coup de tonnerre qui secoue le monde éducatif dakarois. Ce lundi 23 février, plusieurs acteurs du secteur scolaire ont été déférés au parquet de Dakar. Ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation graves: «association de malfaiteurs, usurpation de fonction, faux et usage de faux dans des documents publics et privés, ainsi que complicité».

​L’affaire débute par une plainte du directeur de l’établissement «Les Pédagogues». Les soupçons se portent alors sur Bachir K., 31 ans, qui se faisait passer pour un professeur d’Éducation Physique et Sportive (EPS), à l’école privée Cheikhoul Khadim.

​Le pot aux roses a été découvert lorsque le suspect a tenté de fournir un bulletin de notes falsifié à un étudiant de 21 ans, Mouhamed Diouf, dans le cadre d’une procédure de demande de visa scolaire pour la France. Mais en creusant davantage, les policiers de Grand-Yoff ont réalisé que Bachir K. n’était que la «face visible de l’iceberg».

​L’exploitation du téléphone du principal suspect a révélé une activité frénétique débutée au moins en 2024. Dans ses échanges WhatsApp, les enquêteurs ont découvert des commandes régulières pour ce que Bachir K. surnommait cyniquement des «bulletins d’or». Plus grave encore, l’enquête a révélé que le mis en cause lui-même ne possédait aucun diplôme lui permettant d’exercer sa fonction d’enseignant.

​Le réseau s’appuyait sur des relais solides au sein d’établissements reconnus. Les investigations ont ainsi mené à l’arrestation de deux complices présumés: Abdoulaye D. (54 ans), surveillant à l’école privée «Intégrale», et Oumar C. (57 ans), enseignant au Lycée des Parcelles Assainies.

Grâce à leurs positions respectives, ces derniers auraient facilité la confection et la validation de documents officiels contrefaits, alimentant un trafic de faux diplômes et de relevés de notes destinés à tromper les administrations nationales et étrangères.

Le démantèlement de cette cellule met en lumière les failles du contrôle des effectifs et des documents au sein de certaines structures scolaires. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur des documents déjà injectés dans le circuit, livre Libération. 

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