Dakar , 24 fév (SL-INFO) – La dynamique de renforcement du secteur agricole au Burkina Faso franchit une nouvelle étape. Après avoir enregistré une hausse significative de sa production nationale, le pays vient de s’assurer un appui financier international de grande ampleur pour accélérer sa stratégie d’autosuffisance céréalière.
Selon les informations rapportées par l’Agence Afrique, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 116,8 millions de dollars en faveur du Burkina Faso. Cette enveloppe est destinée à la mise en œuvre de la deuxième phase du Projet d’urgence pour le renforcement de la production agricole (PURPA-BF), avec pour objectif principal d’atteindre l’autosuffisance céréalière à l’horizon 2030. La structure de ce financement s’articule autour de plusieurs mécanismes. Notre rédaction note qu’il comprend un prêt concessionnel de 67,5 millions de dollars, complété par un don de 12,1 millions de dollars issu du Fonds africain de développement. S’y ajoute un second prêt concessionnel de 37,2 millions de dollars provenant de la Facilité d’appui aux pays en transition. De son côté, le gouvernement burkinabè participe au projet à hauteur de 7,2 millions de dollars.
Sur le terrain, cette deuxième phase prévoit la distribution de 11 096 tonnes de semences améliorées et résilientes face aux aléas climatiques, ainsi que 120 415 tonnes d’engrais. Le programme cible particulièrement les femmes, les jeunes et les populations déplacées. Le volet logistique inclut la construction de quatre grands entrepôts d’une capacité unitaire de 15 000 tonnes, de cinq magasins de 500 tonnes, et l’acquisition de 30 camions spécialisés. « La phase 1 nous a montré que lorsque les agriculteurs, en particulier les femmes et les jeunes, ont accès à des intrants de qualité, ils renforcent la sécurité alimentaire nationale. La phase 2 consolidera ces acquis et les étendra à de nouvelles communautés », a précisé Daniel Ndoye, responsable pays de la BAD pour le Burkina Faso.
Ce nouveau décaissement intervient après les résultats de la première phase lancée en juillet 2023, qui a permis de hisser la production agricole nationale au-delà des 6 millions de tonnes. Plus de 275 000 agriculteurs avaient alors bénéficié d’intrants, générant une hausse des rendements de 224 % pour le riz, 165 % pour le maïs, 91 % pour le niébé et 33 % pour le sorgho. À terme, cette nouvelle étape du PURPA-BF devrait créer 1 000 emplois directs et impacter indirectement près de 3,7 millions de personnes.
