Dakar , 02 mars (SL-INFO) Le secrétaire général de l’AFP, Mbaye Dione, est formel : les banques et autres structures de financement chahutent les initiatives des jeunes entrepreneurs, dont la plupart évolue dans le secteur informel. «Dans les banques commerciales, le taux d’usure est à 14%. Dans les SFD (Systèmes financiers décentralisés), c’est jusqu’à 25%, rappelle-t-il dans un entretien paru ce lundi dans Wal fadjri. Ce n’est pas possible de gagner de l’argent dans un investissement où vous payez le service de la dette à 25%. […] Il faut des conditions souples pour que le débiteur puisse rentabiliser son crédit. Si le crédit est trop cher, le peu de recettes va être consacré à payer des échéances et des intérêts.»
Déjà, constate le député, l’accès à ses crédits est un chemin de croix, notamment pour les acteurs du secteur informel. Celui-ci, poursuit Mbaye Dione, «regorge de milliers, voire de millions, de jeunes qualifiés ou porteurs de projets, mais sans accompagnement. La difficulté des jeunes pour investir, c’est l’accès au crédit. Ils ont de bons projets, l’expérience, le marché, mais n’accèdent pas aux crédits. Ce n’est pas facile d’avoir un crédit au Sénégal».
Le patron de l’AFP estime qu’il appartient «à l’État de créer les conditions pour que les jeunes accèdent aux crédits à un taux moins cher, de trouver des modules de pondération». Il donne une piste : «Il [l’État] doit pouvoir confier de l’argent aux institutions financières et leur exiger de le prêter à des taux avantageux.»
