Dakar, 07 mars (SL-INFO) – Le conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran, entré dans sa deuxième semaine, pourrait s’étendre à un nouveau théâtre d’opérations. Depuis le nord de l’Irak, des mouvements armés envisagent une incursion directe sur le territoire iranien, une perspective qui suscite des réactions immédiates tant à Washington qu’à Téhéran.
Selon les informations recueillies par Al Jazeera, Babasheikh Hosseini, secrétaire général de l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien, a déclaré qu’il est « très probable » que les Kurdes iraniens basés dans la région semi-autonome du nord de l’Irak lancent une opération terrestre transfrontalière. Bien qu’aucune offensive ne soit en cours dans l’immédiat, le dirigeant a précisé que les conditions sont désormais plus favorables pour une telle action.
Notre rédaction note que les États-Unis ont établi un contact avec ce mouvement nationaliste. S’il n’y a pas encore eu de rencontre directe, les échanges se sont faits par divers canaux selon M. Hosseini. Le président américain Donald Trump a publiquement réagi à cette éventualité auprès de l’agence Reuters, qualifiant de « merveilleuse » l’idée que ces combattants franchissent la frontière et affirmant qu’il y serait tout à fait favorable. En parallèle, des sources proches des discussions ont indiqué à Reuters qu’Israël mène des bombardements dans l’ouest de l’Iran pour soutenir ces factions kurdes.
Face à cette menace, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a mené des frappes préventives contre trois sites appartenant à des groupes séparatistes dans le Kurdistan irakien. Les autorités militaires iraniennes ont averti qu’elles écraseraient toute faction tentant de porter atteinte à l’intégrité territoriale de l’Iran. Cette mise en garde intervient dans un climat régional extrêmement tendu, alors que Téhéran a déjà mené des frappes sur plusieurs pays du Golfe abritant des installations américaines.
Les gouvernements irakien et kurde tentent de limiter l’escalade. Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, et le président de la région du Kurdistan, Nechirvan Barzani, ont convenu lors d’un entretien téléphonique que le territoire irakien ne devait pas servir de base de lancement pour des attaques contre les pays voisins.
La situation sécuritaire en Irak s’est par ailleurs dégradée ces derniers jours. Des drones ont visé l’aéroport international de Bagdad, qui abrite une base militaire et une installation diplomatique américaine, ainsi que le complexe pétrolier de Burjesia dans la province méridionale de Bassora. À Erbil, la capitale kurde, les troupes de la coalition dirigée par les États-Unis ont abattu plusieurs drones, dont l’un ciblait un hôtel. L’ambassade américaine a d’ailleurs émis une alerte concernant de possibles attaques menées par des groupes pro-iraniens contre les établissements fréquentés par des étrangers dans la région kurde.
