Dakar, 09 mars (SL-INFO) – L’offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran s’accompagne d’une promesse de campagne courte, estimée à « quatre ou cinq semaines » par le président Donald Trump. Cependant, cette projection se heurte au scepticisme de plusieurs capitales européennes, qui redoutent un enlisement progressif.

Face aux bombardements en cours sur le territoire iranien, les alliés occidentaux de Washington convoquent les leçons de l’intervention en Irak (2003-2011). Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a mis en garde contre une stratégie s’apparentant à la « roulette russe », tandis que le chancelier allemand, Friedrich Merz, a appelé à la retenue pour éviter une déstabilisation totale du pays. Selon l’analyse détaillée par Al Jazeera, ces réactions illustrent une méfiance envers le concept d’opération « limitée », souvent utilisé pour justifier les premiers jours d’un conflit avant que les objectifs ne s’élargissent.

La chaîne qatarie décrit un mécanisme d’escalade bien documenté : les cycles de représailles, les pressions politiques internes et les chocs sur les marchés transforment des missions ciblées en guerres ouvertes. Historiquement, les États-Unis ont expérimenté ce glissement à plusieurs reprises. De la guerre de Corée en 1950, techniquement inachevée, au Vietnam, en passant par l’Irak et la campagne contre l’EI en Syrie, les interventions vendues comme des opérations de sécurisation rapides se sont muées en déploiements de longue durée.

Ce schéma se retrouve également dans la doctrine militaire israélienne depuis les années 1970. Les offensives au Liban (1978, 1982, 2006), initialement présentées comme des mesures de sécurité frontalière, ont engendré de nouvelles lignes de front et des tensions permanentes. Plus récemment, la campagne à Gaza, annoncée comme rapide fin 2023 par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, entame sa troisième année. Elle a entraîné des accusations de génocide rejetées par Israël, ainsi que des mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale contre Benjamin Netanyahu, l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant et le défunt commandant du Hamas Mohammed Deif.

Dans le contexte iranien, la rhétorique de la menace imminente et l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour des hostilités compliquent toute perspective de désescalade. Alors que Washington alerte sur les risques pesant sur l’énergie et le commerce maritime, la volatilité du contexte sécuritaire pousse les diplomaties européennes à prendre leurs distances. Comme le souligne Al Jazeera, la difficulté majeure pour les gouvernements n’est plus de déclencher une intervention, mais de trouver une issue politique viable pour y mettre un terme.

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