Dakar, 10 mars (SL-INFO) – Après des décennies d’incertitudes, l’horizon semble se dégager pour le Projet de dépollution de la baie de Hann (PDBH). Ici, tous les chantiers ont atteint un niveau d’exécution satisfaisant. Le constat a été fait par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, qui a effectué, ce lundi 9 mars 2026, une visite sur le site pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux. La visite a été suivie de la réunion du Comité de pilotage, qui s’est tenue à la station d’épuration de Mbao, en présence du Directeur général de l’Office national l’assainissement du Sénégal (ONAS), M. Séni Diène ; du directeur de l’assainissement, M. Oumar Sène ; des partenaires techniques et financiers, entre autres.
La Station d’épuration de Mbao exécutée à 95%
Sur place, le ministre a visité, tour à tour, la Station d’épuration (STEP) de Mbao, qui constitue le lot 2, et qui est l’ouvrage le plus avancé avec 95% de taux d’exécution ; l’intercepteur (lot 1), qui réceptionne toutes les eaux qui se déversent dans la baie, est exécuté à 82% ; le lot 4, qui concerne le raccordement des industriels au réseau, a atteint 87% de taux d’exécution.
Pour le lot 5, qui est l’assèchement du canal 6 qui déverse directement dans la baie, les travaux de curage sont terminés à 100%, et les travaux de réfection du canal sont exécutés à 50%, et le lot 6 qui raccorde les ménages de la zone de Guinaw-Rail Nord et Guinaw-Rail Sud, est à 36% de taux d’exécution.
Dr Cheikh Tidiane Dièye a également constaté que le lot 7, qui est le dernier appel d’offre lancé et qui concerne l’assainissement du Port autonome de Dakar, a démarré. Le lot 3, quant à lui, n’a pas encore démarré mais le contrat est finalisé et il ne reste que la signature de la convention de financement du prêt pour lancer les travaux.
A l’issue de sa visite, qui fait suite à celle qu’il avait faite l’année passée, le ministre a exprimé sa satisfaction par rapport au niveau d’exécution enregistré. Selon lui, le travail a continué à un rythme appréciable. Ce qui a permis de donner ces résultats satisfaisants.
Toutefois, l’autorité étatique a insisté encore une fois sur l’accélération pour que les ouvrages soient terminés et mises en service en 2027.
Six recommandations tirées du comité de pilotage
Cette visite a été suivie de la réunion du Comité de pilotage (Copil) du projet de dépollution de la baie de Hann. Il s’agit ici, d’une importante rencontre organisée par le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement à travers la direction de l’assainissement, dans le suivi et l’évaluation de l’état d’avancement des travaux engagés dans le cadre de ce projet structurant, visant l’amélioration durable de l’environnement et du cadre de vie des populations riveraines de la baie de Hann. Contrairement aux comités précédents, celui-ci a vu la participation du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique, du Ministère des Finances et du Budget, et du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage.
Ce comité de pilotage a également réunit toutes les parties prenantes y compris les partenaires techniques et financiers comme l’Agence française de développement (AFD), le Royaume des Pays-Bas, China Development Bank, l’Union européenne. A l’occasion, les participants se sont penchés sur les contraintes de la mise en œuvre du projet, avant de proposer des solutions pour les lever. Mais, elle a été surtout une occasion pour faire l’état des lieux de la mise en œuvre de ce projet classé sur le registre des chantiers prioritaires du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
A l’issue des travaux, le ministre a tiré 6 recommandations pour avancer et terminer les chantiers au plus tard en 2027. Il s’agit :
1-Les services compétents du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération entreprendront avec l’ambassade des Pays-Bas, les diligences nécessaires pour la signature de la convention supplémentaire de 10 millions d’Euros afin de permettre le démarrage de l’émissaire en mer ont la réalisation constitue un préalable au fonctionnement de l’ouvrage.
2-Les services compétents du Ministère des Finances et du Budget prendront les dispositions requises pour le paiement des frais d’enregistrement de contrat des droits de douane et de remboursement de TVA aux entreprises en vue de permettre le démarrage du lot 7 notamment l’assainissement du Port autonome de Dakar (PAD) 18 km de réseau et 5 stations de pompage.
3-L’ONAS fera démarrer dans les meilleurs délais les travaux du lot 8 notamment les unités de pré-traitement des industriels, opérationnalisera sans délais la cellule d’assainissement industriel. Cette cellule doit être un dispositif important.
4-Les services compétents du Ministère en charge de l’élevage travailleront à trouver le financement nécessaire pour la mise à niveau des installations de la SOGAS dont la consistance sera déterminée par les équipes de l’ONAS. Celui-ci fera les études nécessaires, mais le Ministère en charge de l’Elevage devrait faire ce qu’il faut que nous puissions terminer.
5-La DA, l’ONAS avec l’appui CSP entreprendront la réflexion pour proposer avant la fin des travaux, toutes les options pertinentes concernant les modalités transitoires de la station d’épuration d’une part et d’autre part sa gestion définitive, une fois que les travaux seront terminés.
6-L’ONAS et la DA s’assureront de la convocation du comité régional de suivi pour présenter à ses membres l’Etat d’avancement du projet et déclencher un processus d’implication et d’appropriation progressive du projet par les populations et citoyennes des communautés riveraines.
A rappeler que le coût global de ce projet de dépollution de la baie de Hann est estimé à 124.504.980.000 FCFA. Cette enveloppe a été supportée par plusieurs bailleurs, à savoir : l’Agence française de développement (AFD) qui a apporté une subvention de 54.630.600.000 F CFA, Invest international 33.129.450.000 FCFA, China Development Bank a injecté 9.449.550.000 FCFA, l’Union européenne 18.550.500.000 FCFA en termes de contribution, et l’Etat du Sénégal qui a pris en charge diverses dépenses et l’IEC hors impenses à hauteur de 8.744.880.000 FCFA.
