Dakar, 12 mars (SL-INFO) – L’hémicycle du Bangladesh a rouvert ses portes. Après le soulèvement meurtrier d’août 2024 et les élections législatives du 12 février dernier, le nouveau Parlement s’est réuni pour sa première session. Le pays, plongé dans une profonde transition politique, voit le Premier ministre nouvellement élu, Tarique Rahman, prendre officiellement les rênes après des mois d’administration intérimaire.

Lors de cette session inaugurale tenue jeudi, le chef du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a exposé la direction qu’il compte donner aux institutions. Selon les informations relayées par Al Jazeera, Tarique Rahman a appelé l’ensemble de la classe politique à l’unité, s’engageant à faire de l’Assemblée le centre exclusif des débats pour résoudre les urgences nationales. Cette prise de parole a marqué une rupture nette avec le régime précédent. Le dirigeant a vivement dénoncé la gestion de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, l’accusant d’avoir rendu le Parlement dysfonctionnel durant plus d’une décennie de pouvoir. Pour rappel, l’ex-dirigeante de 78 ans, actuellement en exil en Inde, a été condamnée à mort par contumace pour la répression du soulèvement qui, selon les chiffres des Nations Unies, a fait environ 1 400 morts et plus de 20 000 blessés.

Le nouveau gouvernement hérite d’un contexte économique dégradé, caractérisé par une croissance atone et une crise énergétique sévère. Deuxième exportateur mondial de vêtements et fortement dépendant des importations de combustibles fossiles, le Bangladesh subit de plein fouet la flambée des prix du pétrole. Notre rédaction souligne que cette conjoncture est directement aggravée par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale liées au conflit au Moyen-Orient, impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Face à ces secousses, les autorités bangladaises ont procédé à la fermeture d’universités et instauré un rationnement du carburant. Sur le plan institutionnel, la nouvelle configuration de l’hémicycle, dont le bâtiment a été réparé après les pillages d’août 2024, accorde une large avance au parti au pouvoir. La coalition dirigée par le BNP contrôle 212 des 350 sièges, dont 209 pour la seule formation de Tarique Rahman. La présidence de l’Assemblée a été confiée à Hafiz Uddin Ahmad, épaulé par son adjoint Kayser Kamal. L’opposition officielle est quant à elle menée par Shafiqur Rahman, à la tête de l’alliance du Jamaat-e-Islami qui détient 76 sièges.

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