Dakar, 12 mars (SL-INFO) – Placés sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, acte contre nature, proxénétisme, escroquerie, chantage, extorsion de fonds, transmission volontaire du VIH/Sida et usage de drogue, l’artiste Ouzin Keïta et ses acolytes ont passé leur première nuit en cellule. Ce dossier, que les enquêteurs de la DIC jugent « tentaculaire », lève le voile sur une organisation criminelle aux méthodes redoutables.
Selon les révélations de Libération, l’enquête a mis à jour des ramifications transfrontalières. Le réseau s’appuyait sur deux groupes WhatsApp massifs, « Nekh Nekh » et « No Limit », comptant chacun environ 500 membres. Ces plateformes, spécialisées dans les rencontres tarifées et le chantage, étaient pilotées depuis la Gambie, où l’administrateur principal a été localisé. Au Sénégal, les investigations confirment l’existence de cellules actives à Dakar, Thiès et Kaolack.
Identités usurpées
Pour masquer leurs activités et brouiller les pistes, plusieurs suspects utilisaient de fausses identités. Parmi les personnes écrouées figurent notamment : D. Coly (21 ans), qui se faisait appeler « Gabriel » ; P. S. Faye (21 ans), utilisant le nom de « Mamadou Faye » ; M. L. S. Ba (24 ans), alias « Nazir », ressortissant gambien.
D’autres mis en cause ont également été identifiés, dont M. T. Diouf, P. M. Coumbassa, M. Gassama et A. Diagne. Les enquêteurs signalent par ailleurs la présence d’un mineur de 14 ans, élève, retrouvé sur les lieux lors de la descente à Ouest-Foire, liste le journal.
L’exploitation des téléphones saisis a permis de mettre au jour de nombreux échanges de contenus intimes entre les membres du réseau et leurs victimes. Cependant, l’aspect le plus préoccupant demeure la dimension sanitaire : selon les premiers éléments de l’enquête, cinq des prévenus se sont révélés séropositifs, justifiant leur inculpation pour « transmission volontaire du VIH/Sida », complète la même source.
