Dakar , 16 mars (SL-INFO) – Invité de l’émission Le Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, l’expert en énergie Modibo Diop a analysé les conséquences du conflit dans le golfe Persique sur l’approvisionnement pétrolier mondial. Si la conjoncture internationale est préoccupante, l’ingénieur polytechnicien assure que le Sénégal bénéficie, pour l’heure, d’un mécanisme de protection efficace.

Une réserve stratégique de 35 jours

« Au Sénégal, il existe une stratégie de réserve de 35 jours imposée à tout le système : les raffineurs, les distributeurs et les importateurs doivent disposer de stocks couvrant cette période », explique Modibo Diop. Cette obligation, rigoureusement prévue par la réglementation pétrolière, vise à garantir la continuité de l’approvisionnement national en cas de choc majeur sur le marché international.

Pour l’expert, la situation actuelle ne justifie pas d’inquiétude immédiate. « La guerre ne dure que depuis une douzaine de jours. Si les stocks légaux sont constitués, il reste encore plusieurs semaines de marge », précise-t-il. Toutefois, il tempère cet optimisme en cas d’enlisement du conflit : « Aucun pays africain n’est totalement à l’abri si cette affaire continue ». Il cite l’exemple de l’Égypte qui, avec une consommation de 900 000 barils par jour, a déjà dû augmenter ses prix à la pompe.

Sobriété énergétique : un appel au changement

Face à la menace de hausse des coûts, Modibo Diop exhorte les Sénégalais à revoir leurs habitudes de consommation. Il invite notamment à lutter contre le gaspillage d’électricité par des gestes simples. « Une lampe laissée allumée inutilement dans une chambre pendant deux mois peut représenter l’équivalent de plusieurs baguettes de pain », illustre-t-il avec pédagogie.

L’expert encourage également le développement du solaire et une utilisation plus rationnelle des véhicules. Selon lui, le salut passera par les transports de masse. Des projets comme le Train Express Régional (TER) et le Bus Rapid Transit (BRT) sont, à ses yeux, essentiels pour réduire la dépendance au carburant. « On voit parfois des véhicules de grande taille avec une seule personne à bord. Dans un contexte où l’énergie devient plus chère, ce modèle n’est pas durable », observe-t-il.

Enfin, Modibo Diop rappelle que le cours de l’or noir reste l’otage de la spéculation financière mondiale. Les prix sont dictés par les grandes places boursières comme le NYMEX à New York, le Brent à Londres ou encore la place de Singapour. Selon lui, les coûts réels d’exploitation sont souvent bien inférieurs aux prix de vente, permettant ainsi aux majors pétrolières de réaliser des marges colossales au détriment des pays consommateurs.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *