Dakar, 25 mars(SL-INFO) – Les autorités de santé en France alertent sur un risque sanitaire majeur lié à l’alimentation quotidienne et aux pratiques agricoles. Un récent rapport met en évidence une imprégnation préoccupante de la population par une substance toxique, particulièrement chez les jeunes enfants, nécessitant une intervention gouvernementale urgente.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié le 25 mars un document alertant sur la surexposition des Français au cadmium. Ce métal lourd, classé comme cancérogène, est principalement issu des engrais phosphatés utilisés en agriculture. Les données de l’institution révèlent que près de la moitié de la population adulte présente des taux de cadmium dans les urines dépassant le seuil critique de 0,5 microgramme par gramme de créatinine, une limite fixée pour éviter une sur-imprégnation à l’âge de 60 ans. La situation s’avère encore plus critique chez les enfants âgés de 2 à 3 ans, avec des dépassements estimés à 100 %.

Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise au sein de l’agence, précise que le maintien des niveaux d’exposition actuels entraînera probablement des effets néfastes pour une part croissante de la population. Le cadmium s’accumule dans les reins et le foie, augmentant les risques de cancers du rein, du poumon, de la prostate et du sein, tout en favorisant des troubles rénaux, cardiovasculaires, neurodéveloppementaux et osseux. Pour limiter cette exposition, l’Anses recommande de réduire la consommation de produits à base de blé, tels que le pain, les pâtes, les gâteaux et les céréales du petit déjeuner, au profit d’une introduction accrue de légumineuses.

Notre rédaction note que l’agence insiste prioritairement sur la nécessité d’une action à la source en abaissant drastiquement la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Actuellement, la réglementation en France autorise un plafond de 90 mg/kg, bien que l’Union européenne prévoie une réduction progressive à 20 mg/kg d’ici 2035, un seuil déjà appliqué par des pays comme la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie et la Roumanie. Les sols agricoles français étant fortement contaminés, ils continueront de produire des aliments riches en cadmium pendant plusieurs décennies si aucune disposition n’est prise.

Face à ce constat, l’Anses préconise le recours à des engrais à faible teneur en cadmium, disponibles notamment en Norvège et en Finlande, ou l’application de procédés de décadmiation dont les surcoûts agricoles sont jugés limités. Enfin, le rapport pointe l’absence de base de données officielle concernant la composition des engrais commercialisés sur le territoire français. L’institution estime que les valeurs maximales actuellement en vigueur pour les aliments ne protègent pas suffisamment les consommateurs et demande une révision à la baisse des seuils pour les denrées les plus exposées.

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