Dakar, 25 mars(SL-INFO) – Nouveau séisme diplomatique en Amérique latine. Le gouvernement chilien, désormais dirigé par la droite conservatrice de José Antonio Kast, a officiellement annoncé ce mardi le retrait du soutien de l’État à la candidature de l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet pour le poste de secrétaire générale des Nations unies.
Cette décision marque une rupture nette avec la stratégie de l’administration précédente de Gabriel Boric (2022-2026), qui avait propulsé cette candidature aux côtés du Brésil et du Mexique.
Une candidature jugée « non viable » par Santiago
Dans un communiqué laconique, le ministère chilien des Affaires étrangères a justifié ce retrait par un manque de cohésion régionale. « La dispersion des candidatures des pays d’Amérique latine et les critères des acteurs clés rendent cette candidature non viable », précise la chancellerie.
De son côté, le président Kast a été plus tranchant devant la presse, affirmant qu’un maintien du soutien chilien à Mme Bachelet aurait « un coût important » pour le pays, sans toutefois détailler la nature de ce coût. Le gouvernement a néanmoins précisé qu’il ne soutiendrait aucun autre candidat si l’ancienne présidente décidait de maintenir sa course.
Bachelet persiste avec l’appui du Brésil et du Mexique
Malgré ce désaveu de son propre pays, Michelle Bachelet, 74 ans, ne compte pas abdiquer. Dans un communiqué, elle a réaffirmé sa détermination à poursuivre ce projet qu’elle qualifie de « collectif », s’appuyant sur le socle solide formé par Brasilia et Mexico.
Ancienne directrice d’ONU Femmes et haute-commissaire aux droits de l’homme, la pédiatre de profession dispose d’un CV international de premier plan pour succéder au Portugais Antonio Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre prochain.
Le tour de l’Amérique latine et des femmes ?
L’enjeu est historique : en 80 ans d’existence, aucune femme n’a dirigé l’ONU, et un seul Latino-Américain, le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, a occupé le poste. En vertu de la règle de rotation géographique, le siège devrait théoriquement revenir à l’Amérique latine cette année.
Toutefois, la route est encombrée. Michelle Bachelet fait face à une concurrence sérieuse, notamment régionale et internationale avec les candidatures de Virginia Gamba (Argentine), Rebeca Grynspan (Costa Rica), Rafael Grossi (actuel directeur de l’AIEA) et l’ancien président sénégalais Macky Sall. Le retrait du Chili affaiblit symboliquement la position de Mme Bachelet, mais la bataille diplomatique au sein du Conseil de sécurité ne fait que commencer.
