Dakar, 30 mars(SL-INFO) – Dans la région de Saint-Louis, les acteurs d’un secteur agricole de premier plan font face à une crise commerciale majeure. Une accumulation massive de denrées dans les entrepôts menace l’équilibre financier des producteurs, déclenchant une interpellation directe des plus hautes autorités du pays.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, les riziers et agro-industriels de la Vallée du fleuve Sénégal n’arrivent plus à écouler leur production. Lors d’une rencontre avec la presse organisée samedi dernier, ces acteurs ont chiffré l’ampleur de la mévente : près de 50 000 tonnes de riz local sont actuellement en souffrance dans les magasins de stockage. Ce volume global se répartit entre environ 14 000 tonnes de riz blanc disponibles et plus de 40 000 tonnes de paddy.
Alioune Diagne, président de l’Association nationale des riziers du Sénégal, précise que ce blocage commercial dure depuis le mois d’août. Les invendus issus de la récolte de contre-saison chaude — qui avait permis d’emblaver 46 000 hectares pour une estimation de 180 000 tonnes de riz blanc sur le marché — se sont cumulés avec la production de la saison hivernale, qui a apporté 80 000 tonnes supplémentaires.
Une convention signée le 12 novembre avec les importateurs devait initialement permettre de résorber ces stocks. Cependant, après l’enlèvement d’une première quantité de 6 050 tonnes, l’opération s’est arrêtée. Les acheteurs ont signifié au ministère de tutelle leur incapacité à poursuivre les acquisitions, justifiant leur retrait par le prix du riz importé, jugé beaucoup plus bas sur le marché.
Cette impasse suscite l’inquiétude des professionnels. Aïssatou Guèye, présidente du collège des transformatrices et transformateurs de riz, et Alioune Diagne déplorent un décalage dans l’action gouvernementale. « Notre problème, c’est qu’avec l’État, il se passe beaucoup de choses entre la prise de décision et la réalisation. Entre temps, les gens souffrent », ont-ils souligné devant les médias.
Craignant des répercussions directes sur le financement et le déroulement des prochaines campagnes agricoles, les porte-parole de la filière ont formulé une demande expresse. Ils invitent le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre à se saisir personnellement de ce dossier afin de débloquer cette urgence commerciale dans les plus brefs délais.
