Dakar, 26 mars(SL-INFO) – Un litige foncier secoue la commune de Sangalkam. Trente-neuf familles regroupées au sein du Collectif des acquéreurs de terrains à Keur Daouda Sarr dénoncent ce qu’elles qualifient de scandale impliquant le maire Pape Sow et appellent l’État à agir sans délai.
Selon le collectif, les familles ont acquis en toute légalité un site de deux hectares pour un montant de 80 millions de francs CFA auprès du Collectif des chauffeurs de Ngor-Ouakam-Yoff. Les vérifications auprès des services compétents (mairie, cadastre, urbanisme) auraient confirmé la régularité du titre de propriété et l’absence de litige.
Une double vente présumée
Malgré ces précautions, les acquéreurs affirment avoir découvert l’occupation de leur site par des tiers se prévalant d’achats effectués auprès du maire de Sangalkam. Ce dernier aurait revendiqué l’acquisition du terrain postérieurement à celle du collectif, par une société immobilière dirigée par son frère, en proposant un montant supérieur. « C’est une tentative de spoliation foncière reposant sur une double vente », dénonce le collectif.
Intervention contestée de la DSCOS
La Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (DSCOS), saisie de l’affaire, a ordonné l’arrêt des travaux et procédé à des interpellations. Toutefois, le collectif dénonce la reprise des activités sur le site, malgré la décision officielle, et la suppression des marques d’arrêt.
Les familles expriment leur inquiétude face à ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation de l’autorité politique. Des propos attribués au maire, évoquant sa proximité avec le pouvoir, renforcent, selon elles, un sentiment d’injustice et d’impunité. Elles rappellent avoir déposé une plainte depuis près de deux ans, restée sans suite.
Les revendications du collectif
Face à cette situation, le collectif demande l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante ; exige la cessation définitive de toute activité sur le site litigieux ; réclame la protection des droits des 39 familles lésées ; appelle le gouvernement à faire respecter l’autorité de l’État et l’État de droit.
Tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions de la République, le collectif se réserve le droit d’engager toute action légale pour défendre ses intérêts.
