Dakar, 31 mars(SL-INFO) – Le Comité international olympique (CIO) a récemment dévoilé un nouveau cadre réglementaire pour les compétitions d’élite féminines. Face à cette mesure médicale systématique, une figure majeure de l’athlétisme africain a décidé de monter au créneau pour dénoncer une initiative qu’elle juge attentatoire à la dignité des sportives.
La double championne olympique sud-africaine Caster Semenya a annoncé son intention de s’opposer fermement à l’introduction de tests de genre pour la catégorie féminine aux Jeux Olympiques. Lors d’un entretien accordé à l’agence Reuters lundi, et relayé par Al Jazeera, l’athlète de 35 ans a affirmé que cette politique bafouait les droits des femmes. « Nous allons faire du bruit jusqu’à ce que nous soyons entendues », a-t-elle prévenu, appelant les sportives à refuser qu’on leur dicte la marche à suivre.
Le nouveau protocole du CIO, présenté la semaine dernière, instaure une règle universelle pour les compétitions féminines d’élite, mettant fin à des années de réglementations fragmentées. Désormais, toutes les athlètes souhaitant concourir dans cette catégorie devront se soumettre à un prélèvement buccal ou à une analyse de salive. En cas de résultat positif au gène SRY — situé sur le chromosome Y et déclenchant le développement de caractéristiques masculines —, des examens approfondis seront exigés. L’instance olympique justifie cette décision dans son document d’orientation, estimant que l’inclusion d’athlètes présentant une différence du développement sexuel (DSD) et sensibles aux androgènes dans des épreuves de force ou d’endurance va fondamentalement à l’encontre de l’équité et de la sécurité des compétitions.
Caster Semenya, elle-même concernée par une DSD — un groupe de conditions rares impliquant des gènes, hormones et organes reproducteurs spécifiques —, conteste la validité scientifique de cet argumentaire. Ayant remporté deux titres olympiques et trois titres mondiaux sur 800 mètres avant d’être restreinte à des distances plus courtes par de précédentes règles, elle soutient qu’aucune donnée ne prouve qu’une condition XY-DSD confère un avantage compétitif. Selon elle, la réussite au plus haut niveau repose exclusivement sur le travail acharné et non sur la génétique ou le niveau d’hormones.
L’athlète sud-africaine a également pointé du doigt la méthode de la présidente du CIO, Kirsty Coventry, première femme et première Africaine à occuper ce poste. Elle lui reproche un manque de consultation préalable avec les sportives vivant avec une DSD. D’après les précisions de la championne, les athlètes concernées n’ont reçu une notification par courrier que le jour même de la publication de la nouvelle politique.
