Dakar 31 mars(SL-INFO) – Dans ce contexte où le pays ambitionne de renforcer sa souveraineté alimentaire, Alioune Badara Coulibaly, porte-parole de l’Alliance pour la République (Apr) appelle à des décisions urgentes pour éviter l’effondrement de la filière riz qui demeure stratégique pour l’économie nationale et l’emploi rural. Malgré la convention signée avec l’État le 12 novembre 2025, « un soutien rapide et structuré tarde toujours », indique M. Coulibaly.

Selon lui, sous le Président Macky Sall, la riziculture avait connu un essor remarquable. Avec le concours de la SAED, « 177 milliards FCFA avaient été injectés dans les périmètres irrigués de la Vallée du fleuve Sénégal », améliorant la capacité de production et de stockage. Macky Sall avait aussi modernisé et mécanisé la culture du riz, en favorisant son usinage sur place.

Il rappelle que « 11 655 hectares de terre avaient été aménagés dans un premier temps, puis 18 000 autres hectares à travers le MCA, le PDMAS et le PDIDAS ». À cela s’ajoutaient « 1 076 motopompes, 08 stations de pompage, des tracteurs, moissonneuses, batteuses et 261 kilomètres de pistes de production ». Un fonds de commercialisation de « 5 milliards FCFA » avait également été mis en place.

Alioune Badara Coulibaly rappelle que les résultats furent exceptionnels : « En 2018, la production a atteint 1 132 795 tonnes de riz, confirmant la bonne tendance vers l’autosuffisance alimentaire ». Le secteur privé avait contribué avec « 31 nouvelles rizeries et 200 décortiqueuses ». Le Walo, fier de sa riziculture, bénéficiait aussi d’une diversité culturale (oignons, canne à sucre, tomates), renforcée par la réouverture de la SOCAS grâce au Fonsis.

Aujourd’hui, il dénonce une situation critique : « Plus de 60 000 tonnes de riz local invendues sont stockées », alors que la concurrence du riz importé et l’endettement des producteurs fragilisent la filière. Pourtant, « les récoltes ont triplé en 10 ans, passant de 469 000 tonnes en 2012 à 1,5 million de tonnes », mais cela reste insuffisant face aux besoins. Le Sénégal importe encore « 60 % de son riz d’Asie », contre seulement 40 % produit localement.

Enfin, il souligne que les experts s’accordent sur les difficultés majeures : « un déficit d’aménagements pour l’irrigation fluviale, l’indisponibilité des crédits bancaires et une faible structuration des circuits de transformation et de commercialisation ». Autant de freins qui impactent la compétitivité du riz sénégalais.

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