Dakar 01 mars(SL-INFO) – Le projet de construction du Centre Mohamed Bin Zayed, futur siège de la DER/FJ à Mermoz, est aujourd’hui au cœur d’un « contentieux toujours pendant ». Ce marché colossal de 17,24 milliards de francs CFA, attribué au groupe Sertem en 2021, constitue ce que L’Observateur qualifie de « redoutable bras de fer financier ».
Le chantier, à l’arrêt depuis près de 20 mois, est miné par de nombreux griefs. L’entreprise dénonce une série de manquements de l’autorité contractante, notamment des factures impayées s’élevant à 2,7 milliards. Selon des documents consultés par le journal, Sertem pointe également la « non-mobilisation des 4 milliards de contrepartie de l’État » et des blocages sur les exonérations fiscales. Un dialogue de sourds s’est installé sur l’état d’avancement : alors que Sertem revendique « 49 % du gros œuvre », la DER/FJ justifie la rupture du contrat en invoquant un niveau d’exécution de seulement 16 %.
Pourtant, malgré la bataille juridique, la DER/FJ semble avoir choisi de « brûler les étapes ». Par un arrêté du 8 janvier, elle a résilié unilatéralement le contrat avant de réattribuer le marché, le 27 mars dernier, à la société Azkhar International pour 17,3 milliards. Une décision qui interpelle, puisque selon des sources de L’Observateur, entre l’avance de démarrage et les décomptes honorés, « ce sont déjà plus de 6 milliards qui ont été engloutis » dans le projet initial.
La riposte de Sertem ne s’est pas fait attendre. Le groupe, qui affiche sa « détermination à aller jusqu’au bout », a saisi l’ARCOP et l’Agent judiciaire de l’État (AJE). Une audience cruciale est attendue au Tribunal de Commerce ce jeudi 2 avril. L’entreprise y conteste une « résiliation unilatérale abusive » et réclame plus de 8 milliards, incluant les impayés, un milliard de pénalités et 4,5 milliards pour le préjudice subi. De son côté, la DER/FJ, contactée par le quotidien du Groupe futurs médias, promet d’apporter « dans les plus brefs délais, sa part de vérité » sur ce dossier explosif.
