Dakar, 01 mars(SL-INFO) – La Plateforme des Acteurs de la Pêche Artisanale du Sénégal (PAPAS), en partenariat avec le REFEPAS et la CONAPED, a organisé une conférence de presse ce mercredi au quai de Bargny pour alerter sur la crise profonde qui frappe le secteur. Son président, Mamadou Sarr, a pris la parole pour dénoncer l’absence totale d’assistance aux pêcheurs disparus en mer et interpeller directement les autorités.

Selon Mamadou Sarr, entre janvier 2025 et février 2026, plusieurs pirogues sénégalaises ont disparu dans la Zone Économique Exclusive (ZEE), sans qu’aucune opération de secours efficace ne soit menée. Rien que pour Saint-Louis, les données consolidées depuis 2018 révèlent un bilan effroyable : 359 accidents en mer, 218 décès et 79 disparus, pour des pertes économiques estimées à 1,7 milliard de francs CFA.

« Derrière ces chiffres, ce sont des vies perdues, des familles endeuillées et des communautés durablement fragilisées », martèle-t-il avec émotion.

Face à cette situation, Mamadou Sarr lance un cri d’alerte. « La sécurité des personnes et des biens que l’État du Sénégal doit garantir inclut-elle réellement la vie des pêcheurs et leurs moyens de subsistance ? Aujourd’hui, le sentiment dominant est celui d’un abandon : laisser mourir, car ce ne sont que des pêcheurs. Prenez vos responsabilités, sinon nous prendrons les nôtres », prévient-il.

Le président de la PAPAS rappelle que les autorités s’étaient engagées à repousser les navires industriels au-delà des 12 milles nautiques afin de sanctuariser la pêche artisanale. Une promesse restée lettre morte, alors que les zones de pêche s’éloignent de plus en plus des côtes, exposant les artisans à des risques accrus. « La Vision Sénégal 2050 ne peut se concrétiser sans une sécurisation effective des acteurs qui en constituent la base », argue Mamadou Sarr.

Pour sortir de cette impasse, la PAPAS préconise des mesures d’urgence qui doivent être appliquées sans délai :

L’État doit procéder à l’homologation et au déploiement massif de kits de géolocalisation pour sécuriser toutes les pirogues artisanales.

Il est impératif de faire respecter strictement les zones de pêche réservées aux artisans en éloignant les navires industriels.

Les autorités doivent mettre en œuvre l’intégralité des 13 engagements de la charte pour une pêche durable afin de préserver la ressource.

Un programme structuré de lutte contre l’exploitation et la commercialisation des juvéniles doit être lancé pour garantir le renouvellement des espèces.

Le gouvernement doit engager une gestion concertée avec tous les acteurs pour éviter une implosion sociale dans les zones côtières.

« Les solutions existent, mais elles ne sont pas appliquées. La situation devient intenable et l’État a l’obligation d’agir immédiatement », conclut Mamadou Sarr.

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