Dakar, 02 Avril (SL-INFO) – Dans un entretien accordé à L’Observateur, le coordonnateur du Forum civil, Matar Sall, appelle l’État du Sénégal à une plus grande transparence dans la gestion de la dette publique, notamment pour les emprunts massifs contractés en 2025. Tout en reconnaissant que « l’État est souverain » et qu’il a « la possibilité de renégocier les contrats », Matar Sall insiste sur le fait que cette souveraineté doit s’exercer dans le respect des principes de redevabilité. « Les populations ont le droit de savoir, elles ont le droit à l’information », souligne-t-il, rappelant que, dans le secteur extractif, la Constitution impose une gestion garantissant le bien-être général.

L’inquiétude du Forum Civil porte particulièrement sur l’emprunt initialement annoncé à 650 millions d’euros (environ 426 milliards de francs CFA) auprès d’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank. Matar Sall relève des incohérences entre les sources internationales et les déclarations gouvernementales : « Le ministre des Finances [Cheikh Diba] nous a dit que c’est 721 milliards. Donc là, ça dépasse même le montant que le Financial Times avait annoncé ». Au-delà de cet écart de près de 300 milliards, la mention d’un « troisième acteur » non identifié alerte l’organisation.

Pour l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias, l’obtention d’une autorisation parlementaire ne suffit pas à garantir la transparence. L’Assemblée nationale ne connaît toujours pas les conditions réelles de ces prêts. « Seule la publication des conventions permettra de savoir sur quoi le Sénégal est engagé », affirme-t-il, précisant que les modalités de recours à ces services restent de la responsabilité exclusive de l’Exécutif.

Le Forum Civil avertit que sans cette mise en lumière, l’État s’expose à des risques financiers majeurs. Citant l’affaire Adama Bictogo – où une résiliation mal maîtrisée avait coûté cher au contribuable – Matar Sall demande que tous les documents relatifs aux emprunts de 2025 soient rendus publics, afin de permettre aux citoyens de connaître « les conditions, les garanties, les risques et les dangers » liés à cet endettement.

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