Louga, 02 avril (SL-INFO) – Le secrétaire général du regroupement des chauffeurs de la région de Louga (nord), Serigne Bayakhe Lô, a annoncé, mercredi, la prolongation de la grève des transporteurs pour trois jours supplémentaires, tout en avertissant qu’elle pourrait être reconduite ”de manière illimitée en cas d’absence de réaction des autorités”.
‘’Nous avions entamé une grève de trois jours, mais jusque-là le gouvernement, notamment le ministre, ne nous a pas appelés. Nous avons l’impression que l’État fait fi de nos doléances. Puisqu’il préfère se taire, nous allons prolonger la grève de trois jours supplémentaires, en attendant, mais elle peut aller jusqu’à devenir une grève illimitée’’, a-t-il dit.
Le responsable syndical a évoqué plusieurs points à l’origine du mouvement d’humeur, notamment la centralisation du contrôle technique des véhicules à Dakar.
‘’Si vous prenez le cas des minibus communément appelés +Cheikhou Chérifou+, leur nombre s’élève à 6 886, sans compter les minicars de 19 places. Si vous faites le cumul au niveau national, comment voulez-vous que tout le monde vienne faire la visite à Dakar ? Nous demandons la décentralisation du contrôle des véhicules, avec des équipes qui se déplacent dans les régions et des calendriers par zone’’, a-t-il expliqué.
Selon lui, les chauffeurs ne sont pas opposés au respect des règles, mais souhaitent des mesures adaptées à leurs réalités.
‘’Toute personne qui conduit un véhicule souhaite être en règle. Nous savons que la principale préoccupation des autorités, ce sont les accidents. Mais nous sommes les premières victimes, nous perdons nos chauffeurs et nos véhicules. Nous voulons diagnostiquer ensemble le secteur pour voir là où le bât blesse’’, a insisté secrétaire général du regroupement des chauffeurs de la région de Louga.
Serigne Bayakhe Lô a également dénoncé l’interdiction de circulation des véhicules de transport à partir de minuit, qu’il considère comme une ”mesure contre-productive”.
”Un chauffeur qui quitte Dakar et qu’on arrête à Ngueune Sarr (Louga) sera obligé de passer la nuit sur le siège de son véhicule. C’est ce qui a causé le dernier accident enregistré : le chauffeur a passé la nuit à Ngueune Sarr et le matin, après avoir repris la route, il a fait un accident à deux kilomètres’’, a-t-il soutenu.
Il a en outre pointé le nombre élevé de postes de contrôle sur certains axes. ‘’Entre Louga et Potou, sur 40 kilomètres, il y a quatre postes de contrôle. C’est trop. Nous acceptons d’être contrôlés, mais leur nombre est excessif’’, a-t-il déploré.
Le secrétaire général a enfin assuré que les transporteurs ”restent ouverts au dialogue”.
‘’Cette grève ne nous fait pas plaisir, car nous savons que c’est difficile pour les populations. Nous ne travaillons pas non plus. Mais si l’État satisfait nos dix points de revendication, nous allons arrêter la grève’’, a encore dit Serigne Bayakhe Lô.
