Dakar , 03 avril (SL-INFO) – Les acteurs économiques et les décideurs publics se sont réunis à Dakar pour établir un diagnostic des fragilités structurelles de l’industrie sénégalaise. Face à la faible valeur ajoutée des exportations actuelles, les autorités ont présenté un plan d’investissement massif visant à redessiner la carte industrielle du pays.
Lors du Dakar Industrial Investment Forum (DIIF 2026) organisé le jeudi 2 avril par Manufacturing Africa et le ministère de l’Industrie et du Commerce, les limites du modèle économique en place ont été exposées. Des experts, dont le professeur Abdoulaye Ndiaye de la New York University et Amarou Aw du cabinet A&A Strategy, ont souligné la dépendance persistante du pays aux importations et la prédominance des produits bruts dans les exportations. Le représentant adjoint du Royaume-Uni, Samuel Nicholls, a également pointé la nécessité d’une meilleure coordination entre l’État, les investisseurs et le secteur privé.
En réponse à ces constats, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a détaillé la nouvelle Politique industrielle et commerciale du Sénégal (PICS), structurée autour de 35 priorités. Selon les informations relayées par Sud Quotidien, cette stratégie s’appuie sur un budget sectoriel multiplié par sept en l’espace d’un an, atteignant désormais 350 milliards de francs CFA.
Cette enveloppe financière est destinée à un déploiement territorial spécifique. Le gouvernement prévoit la création de quarante-cinq agropôles et zones industrielles à travers le pays, contre seulement trois infrastructures de ce type actuellement en service. L’objectif chiffré de ce maillage est la création de 500 000 emplois. La zone de Ziguinchor, déjà aménagée et opérationnelle sur 100 hectares, sert de première illustration à ce projet.
La stratégie implique également une révision directe de la gestion des ressources naturelles. L’État a décidé de limiter l’exportation brute du pétrole, du gaz et des minerais afin d’imposer leur transformation sur le territoire national. Parallèlement, le développement du Réseau gazier national est planifié pour faire baisser les coûts de l’électricité appliqués aux industriels et renforcer leur compétitivité.
Pour assurer le suivi et l’exécution de ces réformes, le dispositif inclut la mise en place d’une « Delivery Unit » pilotée par le secteur privé. Notre rédaction note que ce plan s’accompagne d’un volet axé sur la formation professionnelle, avec un objectif de 30 % de jeunes formés, et d’une intégration ciblée au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour positionner le Sénégal comme une plateforme régionale.
