Dakar , 09 avril (SL-INFO) Le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération vient de rendre public, dans son rapport sur les «Développements économiques récents et Perspectives», les chiffres de l’économie sénégalaise, pour l’année 2025. Celui-ci fait état d’une accélération notable de l’activité économique, avec une croissance qui est montée à 6,7%, contre 6,5% en 2024.

«Cette performance repose principalement sur la contribution du secteur secondaire, en particulier les activités extractives liées aux hydrocarbures, ainsi que sur la reprise du secteur primaire, notamment agricole, atténuée par la décélération de l’activité du tertiaire et des taxes nettes sur les produits», renseigne le rapport.

Hors hydrocarbures et agriculture, c’est la chute

En revanche, l’activité économique hors agriculture et hydrocarbures «demeure sur une trajectoire de décélération observée depuis 2017, avec une croissance estimée à 1,6% en 2025 confirmant la persistance de fragilités structurelles dans les secteurs productifs traditionnels».

Aussi, l’inflation est montée de 0,8% en 2024 à 1,4% en 2025, même si elle est restée contenue dans la fourchette cible de la BCEAO. Le taux de change effectif réel, lui, s’est apprécié de 0,9% en 2025, suggérant une érosion de la compétitivité-prix de l’économie sénégalaise.

Bouffée d’oxygène dans la balance commerciale

En 2025, la balance commerciale a connu une amélioration significative. Les exportations ont progressé de 52,7%, « principalement sous l’effet de la hausse des volumes exportés d’hydrocarbures», tandis que les importations n’ont augmenté que de 1,6%.

Une combinaison de facteurs qui a permis la réduction du déficit commercial à -3,7% du PIB en 2025, contre -12,2% du PIB en 2024. Le déficit du compte courant, quant à lui, est attendu à 4,1% du PIB.

Alerte sur les charges d’intérêts sur la dette

Côté finances publiques, le solde budgétaire a reculé de 13,7% en 2024 à 6.2% du PIB en 2025. Ce, «grâce à une progression des recettes et une compression significative des dépenses».

Mais, le rapport signale une progression des charges d’intérêts sur la dette en lien avec la stratégie d’endettement. Les subventions aussi continuent d’exercer une pression croissante sur les finances publiques et les marges de manœuvre budgétaire, souligne le rapport.

Le marché financier local sauve le Sénégal

Quant à la masse monétaire, elle a connu une croissance de 13,3% à fin décembre 2025, du fait de « la forte augmentation des avoirs extérieurs nets». Les crédits à l’économie aussi ont progressé de 8,4% en glissement annuel.

En 2025, le Sénégal a levé 2225 milliards sur le marché régional des titres publics, contre 998 milliards en 2024, soit une progression de 122,8%. Avec la suspension du programme avec le Fmi, suite à l’affaire de la dette cachée, l’Etat déroule une stratégie de diversification des sources de financement.

Le stock de la dette à 26 252 milliards de FCFA

Quant au marché financier international, les rendements sur certains eurobonds sénégalais «ont atteint des niveaux particulièrement élevés en 2025», informe le rapport. Une situation liée à l’incertitude budgétaire charriée par la situation des finances publiques sénégalaises et à l’absence d’un programme avec le FMI.

Au tableau des opérations financières de l’Etat, l’encours de la dette publique trône à 26252 milliards de francs Cfa. La dette intérieure a été affichée à 8663 et les emprunts extérieurs à 17589 milliards de francs Cfa. En effet, 4004 milliards ont été consacrés à l’amortissement de la dette.

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