Dakar, 13 avril(SL-INFO)- La Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH) alerte sur le retrait de près de 25 000 bénéficiaires du Programme national de Bourses de sécurité familiale (PNBSF). Cette exclusion massive découle de l’application d’une disposition réglementaire, suscitant l’inquiétude des organisations de défense des droits des personnes vulnérables.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette situation trouve son origine dans l’article 12 du décret n°2023-847. Ce texte limite l’octroi de la bourse à une durée maximale de cinq ans. L’application de cette règle a entraîné la radiation d’environ 25 000 personnes vivant avec un handicap, sur les plus de 64 000 détenteurs de la Carte d’Égalité des Chances (CEC) qui percevaient cette aide jusqu’à présent.

Lors d’une conférence de presse, le président de la FSAPH, Moussa Thiaré, a qualifié cette mesure de « régression sociale inacceptable ». Il souligne que le handicap constitue une réalité structurelle et non une situation temporaire. « Appliquer une durée limite à une aide destinée aux personnes handicapées, c’est ignorer une réalité structurelle », a-t-il déclaré, rappelant que l’intégration de cette frange de la population dans le PNBSF relève de la justice sociale et non d’une faveur.

Notre rédaction note que les personnes vivant avec un handicap représentent entre 7,3 % et 16 % de la population sénégalaise, soit plus de deux millions d’individus. La FSAPH pointe une absence d’évaluation préalable de l’impact de cette limitation temporelle sur les bénéficiaires, estimant qu’elle remet en cause les acquis liés à la Carte d’Egalité des Chances et aux engagements internationaux du Sénégal.

Face à cette exclusion, l’organisation formule trois recommandations précises : la réintégration immédiate des personnes concernées, la révision du décret n°2023-847 pour y intégrer une dérogation spécifique liée au handicap, et une meilleure implication des associations dans les instances de décision. Se positionnant sur le strict terrain du droit, Moussa Thiaré a précisé : « Nous ne sollicitons pas une aumône, nous exigeons le respect de la loi ».

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