Dakar, 13 avril (SL-INFO) – La journaliste et écrivaine sénégalaise Mame Famew Camara alerte sur une situation qu’elle qualifie de tentative de censure autour de la publication de son nouveau livre, paru récemment. Dans un témoignage empreint d’émotion, elle dénonce des pressions exercées sur son éditeur et craint que son ouvrage ne soit finalement pas distribué.

Selon elle, tout a commencé après la parution de son livre le 3 avril. Elle explique avoir été « dans l’attente de récupérer ses exemplaires auprès de la maison d’édition L’Harmattan, mais que la distribution a été bloquée à la suite de menaces. »

« Le livre est paru le 3 avril. Je devais récupérer les exemplaires dans la semaine qui suit à L’Harmattan, mais c’est bloqué pour le moment. Des personnes ont appelé mon éditeur et l’ont menacé de poursuite judiciaire s’il l’ouvrage est distribué. Le livre risque donc d’être censuré. »

L’autrice affirme que son intention n’était pas de choquer, mais de traiter avec humour et satire des réalités sociales liées au célibat au Sénégal, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Elle insiste sur l’absence de contenu obscène dans son ouvrage.

« J’ai parlé de célibat chez l’homme et la femme sénégalaise. Il n’y a pas de paroles obscènes ni sexuelles qui heurtent. Mon objectif était juste de faire rire en corrigeant les tares de la société sénégalaise. »

Son livre, présenté comme un recueil composé de trois pièces de théâtre, aborde des thèmes sociaux à travers l’ironie et la comédie. Les titres évoqués sont particulièrement provocateurs : “Le mariage est du caca”“SOS mari introuvable”“Villa dorée, femme en fuite”.

Pour Mame Famew Camara, il s’agit avant tout d’un projet littéraire et féministe visant à mettre en lumière la condition des femmes dans la société sénégalaise.

« Je voulais juste faire rire, ironiser, et dénoncer la souffrance des femmes, en tant que féministe sénégalaise. Normalement, je devais être félicitée et non saquée, censurée car très peu de femme écrivent et publient du théâtre au Sénégal. »

Elle rappelle également son parcours littéraire et revendique une place pionnière dans la publication théâtrale féminine au Sénégal, affirmant avoir été encouragée par le regretté Alioune Badara Beye.

« Je suis la première femme à m’être lancée dans la publication de théâtre au Sénégal, et, ce, sur les conseils de feu Alioune Badara Beye. »

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