Dakar, 15 avril (SL-INFO) – Un réseau de falsification de documents administratifs a été démantelé à Richard-Toll par les éléments de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), relevant de la Direction de la Police aux frontières.

Deux individus ont été déférés au parquet le 7 avril 2026. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, faux en écritures publiques, escroquerie et complicité, a appris Senego.

L’affaire a été déclenchée à la suite d’un signalement du Commissariat spécial de Rosso, qui avait interpellé une personne en possession d’une carte nationale d’identité jugée suspecte. L’expertise menée par les services spécialisés a confirmé qu’il s’agissait d’un faux document.

Entendue par les enquêteurs, la détentrice du document a expliqué avoir fait appel à un intermédiaire, déjà connu dans son entourage, pour obtenir la pièce moyennant 12 500 FCFA. Elle affirme avoir été trompée, le démarcheur lui ayant assuré que la carte provenait des services officiels.

Rapidement identifié, cet intermédiaire — un agent en service à la mairie de Richard-Toll — a reconnu les faits. Il a toutefois soutenu avoir informé sa cliente du caractère non officiel du document, évoquant une fabrication issue d’un cybercafé.

L’exploitation de son téléphone portable a permis aux enquêteurs de mettre au jour un système bien plus vaste. Le suspect proposait, contre rémunération, divers documents administratifs à des ressortissants étrangers : jugements supplétifs entre 20 000 et 30 000 FCFA, certificats de nationalité entre 10 000 et 15 000 FCFA.

Les investigations ont conduit à l’interpellation d’un troisième individu, identifié comme le faussaire. Ce dernier a reconnu avoir confectionné de fausses cartes d’identité à partir de données récupérées, tout en minimisant sa rémunération.

Une perquisition a permis la saisie de plusieurs équipements utilisés dans la fabrication des faux documents, dont une imprimante spécialisée, des cartes vierges en PVC et une carte d’identité falsifiée récemment produite.

L’analyse du matériel informatique a révélé l’utilisation de logiciels de retouche pour manipuler les données personnelles avant impression. Le principal suspect a admis avoir déjà fabriqué au moins sept fausses cartes d’identité.

À l’issue de leur garde à vue, deux des mis en cause ont été présentés au procureur de la République. L’enquête se poursuit afin d’évaluer l’ampleur du réseau et d’identifier d’éventuelles ramifications.

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