Dakar, 21 avril (SL-INFO) – Au quartier Médina Baye de Kaffrine, la journée dédiée aux enfants talibés a débuté par un moment fort en symboles : une randonnée pédestre organisée spécialement pour eux. Venus de plusieurs localités du département, ils ont marché ensemble avant de rejoindre le site des activités officielles, portant à travers cette initiative un message clair de sensibilisation sur leurs conditions de vie et leur avenir.

Cette marche a donné le ton d’une journée placée sous le signe de l’écoute, du dialogue et du plaidoyer. Aux côtés des maîtres coraniques, des autorités administratives et des partenaires techniques, les enfants ont exprimé leurs préoccupations, mais aussi leurs attentes pour de meilleures conditions d’apprentissage et de vie.

Prenant la parole à cette occasion, le directeur national de SOS Villages d’Enfants Sénégal, Papa Daouda Diop, a rappelé que cette journée est avant tout un espace d’expression offert aux enfants talibés eux-mêmes : « Nous avons célébré cette journée autour des plaidoyers formulés directement par les talibés. Ces préoccupations ont été transmises aux autorités compétentes, qui se sont montrées attentives. Plusieurs besoins identifiés lors des échanges ont déjà commencé à être pris en compte. »

Selon lui, cette mobilisation collective constitue une source de satisfaction pour l’ensemble des acteurs impliqués : « C’est une journée de célébration, mais aussi de satisfaction. Rien n’aurait été possible sans l’engagement des autorités, des communautés et surtout des responsables de daara, aussi bien au niveau central qu’au niveau local. »

Le directeur national a également souligné que les actions menées s’inscrivent dans les orientations stratégiques de l’État en matière de protection de l’enfance et d’amélioration de l’enseignement coranique. Dans ce cadre, près de 1 500 enfants talibés ont déjà bénéficié d’un accompagnement visant à améliorer leurs conditions de vie et leur encadrement pédagogique. Une trentaine d’entre eux ont même suivi des formations professionnelles, leur permettant aujourd’hui de s’insérer progressivement dans la vie active.

Autre avancée notable : la mise en place de classes passerelles, destinées à renforcer l’apprentissage du français en complément de l’enseignement coranique reçu dans les daara. Pour Papa Daouda Diop, la situation des enfants talibés doit être abordée avec une approche globale et adaptée : « Il faut comprendre les causes profondes de leur situation. L’objectif est d’améliorer leurs conditions de vie, de répondre à leurs besoins essentiels et de renforcer les capacités pédagogiques au niveau des daara. »

Représentant le préfet de Kaffrine, l’adjoint au sous-préfet de Katakel, Omar Diémé, a invité les « serigne daaras » à se rapprocher davantage des services compétents du département, notamment pour les questions liées à leur intégration dans le système éducatif. Il a également annoncé l’organisation prochaine de concertations à plusieurs niveaux territoriaux (communes, arrondissements et département) afin de mieux prendre en charge les préoccupations des acteurs de l’enseignement coranique.

Au nom des enfants talibés, leur porte-parole a formulé plusieurs doléances, notamment en matière d’hygiène, d’éducation et de participation aux décisions les concernant : « Nous demandons de meilleures conditions sanitaires et éducatives. Nous souhaitons aussi être davantage impliqués dans les instances où se prennent les décisions qui concernent notre avenir. »

À travers la randonnée pédestre, les échanges directs et les plaidoyers exprimés, cette journée à Médina Baye a permis de renforcer le dialogue entre autorités, partenaires, maîtres coraniques et enfants talibés. Une mobilisation collective saluée par les participants, avec l’espoir de voir se poursuivre des actions concrètes pour améliorer durablement leurs conditions de vie et d’apprentissage.

By

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *