Dakar, 29 avril (SL-INFO) – Le Centre ouest-africain des politiques publiques (COAPP) a officiellement lancé ses activités ce mercredi 29 avril, au Sénégal, avec l’ambition de renforcer la qualité et surtout l’efficacité de l’action publique dans la sous-région. L’objectif est de contribuer à des politiques publiques plus efficaces, mieux exécutées et adaptées aux réalités ouest-africaines.
Le COAPP compte devenir un acteur clé dans la production de connaissances et l’aide à la décision. Ses missions incluent la recherche, l’élaboration de notes stratégiques, le renforcement des capacités et l’appui technique aux institutions publiques.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le directeur exécutif adjoint du COAPP, Frédéric Ndecky, a indiqué que l’institution était opérationnelle depuis décembre 2024, mais ses responsables ont choisi de consolider leurs bases avant toute sortie publique. « Nous avons préféré mettre en place un travail solide avant de nous présenter officiellement », a-t-il expliqué.
L’événement a également été marqué par la présentation du premier rapport du COAPP portant sur l’écosystème des politiques publiques en Afrique de l’Ouest.
Selon le directeur exécutif adjoint, le rapport a mis en lumière un paradoxe majeur : des stratégies de développement globalement bien conçues dont la mise en œuvre reste limitée. « Nos pays ne manquent pas de stratégies de qualité sur le papier. Ce qui fait défaut, c’est leur exécution effective et surtout la satisfaction des besoins pour lesquels ces stratégies ont été élaborées », a-t-il fait savoir.
Parmi les principaux obstacles relevés dans l’étude figure la dégradation du contexte sécuritaire dans la sous-région. Une situation qui oblige les États à consacrer une part importante de leurs ressources aux dépenses militaires, souvent au détriment de secteurs essentiels comme l’éducation ou la santé.
« La réponse militaire seule ne suffit pas. Il faut s’attaquer aux causes profondes, notamment le chômage des jeunes, la pauvreté et le sentiment d’exclusion sociale », a insisté M. Ndecky, alertant sur une approche exclusivement sécuritaire.
Pour sa part, le directeur du Redéploiement industriel au ministère de l’Industrie et du Commerce, Samuel Tabane, a salué un appui stratégique à l’action publique, soulignant l’importance d’un regard indépendant et approfondi. Il a indiqué que le COAPP peut jouer un rôle clé dans l’amélioration des diagnostics.
Selon lui, le centre est attendu sur des analyses plus poussées, allant au-delà des diagnostics classiques, avec une approche intégrant des dimensions sociales, politiques et anthropologiques. « Le développement industriel, par exemple, nécessite une vision de long terme fondée sur un diagnostic structurel solide », a-t-il affirmé.
Face aux défis communs, notamment l’insécurité, le changement climatique, le chômage ou les crises alimentaires, il a insisté sur la nécessité d’une coopération accrue entre les pays ouest-africains. «Aucun État ne peut relever seul ces défis. La coopération régionale est une nécessité», a-t-il rappelé.
Plaidant pour la construction d’une expertise africaine portée par des acteurs locaux et ancrée dans les réalités du continent, Samuel Tabane a invité les universitaires, les chercheurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les jeunes à s’impliquer dans cette dynamique.
