Dakar, 29 avril (SL-INFO) – Un virus marin jusqu’ici considéré comme sans danger pour l’être humain fait l’objet d’une vigilance accrue après des observations menées en Chine. Des chercheurs ont identifié le Covert mortality nodavirus (CMNV), surnommé « virus des crevettes », dans des tissus oculaires de patients souffrant d’uvéite persistante à Qingdao, avec des atteintes pouvant aller jusqu’à une perte visuelle.

Selon les informations rapportées par Kawtef, cette pathologie oculaire associée au virus a été nommée Poh-Vau, pour Persistent ocular hypertensive viral anterior uveitis. Elle se manifeste notamment par des rougeurs, des irritations et une augmentation de la pression intraoculaire. Les premiers cas étudiés laissent envisager un franchissement de la barrière des espèces par ce virus marin.

Une étude publiée le 26 mars 2026 dans la revue Nature Microbiology indique que près d’un tiers des patients concernés ont nécessité une intervention chirurgicale. Un cas de perte visuelle irréversible a également été rapporté. Les analyses génétiques font état d’une correspondance de 99 % avec des souches déjà présentes chez des espèces marines, ce qui renforce l’hypothèse d’une origine animale.

L’enquête épidémiologique citée par les chercheurs montre que 71 % des cas concernent des personnes en contact direct avec la faune aquatique. Sont notamment mentionnés des pêcheursmareyeurscuisiniers et des consommateurs de produits de la mer crus. Les spécialistes estiment qu’un simple contact des mains contaminées avec les yeux pourrait suffire à transmettre l’agent pathogène. En revanche, la transmission interhumaine n’est pas confirmée à ce stade.

D’après Kawtef, le CMNV a déjà été détecté chez 49 espèces marines au moins et serait présent sur plusieurs continents, notamment dans l’Atlantique. Les chercheurs évoquent une forte capacité d’adaptation liée à des mutations génétiques. Pour le vétérinaire Alioune Badara Kane Diouf, du Laboratoire national d’analyse des produits de la pêche et de l’aquaculture, le dérèglement climatique et la pollution côtière aggraveraient la situation en fragilisant les écosystèmes marins.

Sur le plan médical, l’ophtalmologiste Fatou Fall appelle à la vigilance face au risque de sous-diagnostic. Elle recommande une consultation rapide en cas de vision floue ou de gêne oculaire, afin d’éviter d’éventuelles complications irréversibles. Cette alerte relance également la question de l’approche « One Health », qui relie santé humaine, santé animale et environnement.

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