Dakar, 30 avril (SL-INFO) – Au moins 11 civils, majoritairement des supplétifs de l’armée, ont été tués lors d’une attaque de jihadistes affiliés à Al-Qaïda mercredi dans le nord du Burkina Faso, a appris jeudi l’AFP de sources locales et sécuritaire.
Dirigé par la junte militaire du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir en septembre 2022, le Burkina Faso est confronté depuis une décennie aux offensives meurtrières de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique sur de larges pans de son territoire, en particulier dans sa moitié nord.
La junte a recruté des milliers de « volontaires pour la défense de la patrie » (VDP), des supplétifs civils pour appuyer l’armée.
« Hier (mercredi), aux environs de 15H00 (locale et GMT), des terroristes lourdement armés et à bord de motocyclettes ont mené une attaque dans la commune de Bagaré », dans la province du Passoré, dans la région du Nord, a déclaré à l’AFP un habitant de la localité.
« Les tirs ont duré plus d’une heure et les terroristes ont incendié plusieurs dizaines de boutiques, des véhicules et des motocyclettes « , a ajouté cette source.
L’attaque a été revendiquée mercredi par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda), qui dit avoir « pris le contrôle d’un poste militaire appartenant aux milices burkinabè », sans plus de détails.
« Les dégâts sont importants mais on déplore surtout les pertes en vie humaine dans les rangs des VDP, directement visés par les assaillants », a indiqué un autre habitant, évoquant un « bilan provisoire de 11 morts ».
« Le poste des VDP a effectivement été ciblé par les jihadistes mais la riposte a permis de mettre en déroute l’ennemi », a indiqué une source sécuritaire de la région, sans plus de détails.
Selon l’un des habitants, avant l’attaque de mercredi, tous les habitants des villages environnants avaient été chassés par les jihadistes et trouvé refuge à Bagaré, qui sert de verrou entre Ouagadougou et le Nord.
« Nous voulons un renfort pour sécuriser la ville, sinon nous allons être déguerpis (chassés) et on va tous se retrouver à Yako (chef-lieu de province) ou à Ouagadougou », a-t-il exhorté.
Mardi, le ministère burkinabè de la Sécurité a annoncé le lancement de l’opération « WIBGA-2 » (« Épervier-2 » en langue locale), qui vise à renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire, après les attaques coordonnées sans précédent chez son allié et voisin du Mali le weekend dernier.
