Saint-Louis, 06 Mai (SL-INFO) – C’est une véritable contre-offensive médiatique et juridique que le collectif des avocats de Seydou Kane a menée ce mardi 5 mai 2026. Face à ce qu’ils qualifient de « matraquage médiatique » et de « campagne de dénigrement », le bâtonnier de l’Ordre, Me Leity Ndiaye, accompagné de Mes Dior Diagne, El Hadji Amadou Sall, Boubacar Koïta et Abdou Dialy Kane, a entrepris de « déconstruire » les accusations pesant sur l’homme d’affaires sénégalais dans le dossier qui l’oppose à l’ASER.
L’ASER au cœur du dispositif : « Elle ne peut pas dire qu’elle a les mains blanches »
L’un des points majeurs de cette conférence de presse a été de replacer l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) face à ses responsabilités. Pour Me Dior Diagne, l’agence est loin d’être un acteur passif. « L’ASER est le maître d’œuvre de tout ce processus. Tout se fait sous son autorité. Elle ne peut pas dire qu’elle a les mains blanches », a-t-elle martelé.
La défense conteste également la thèse d’une résiliation du contrat par l’État, rappelant qu’AEE Power Sénégal n’était pas en relation directe avec ce dernier : « Il n’y a pas de résiliation du contrat AEE Power par l’État du Sénégal. C’est juridiquement impossible ».
Le « nerf de la guerre » : Le mystère des 37 milliards de l’avance de démarrage
Le collectif s’est montré particulièrement offensif sur la question financière. Selon leurs révélations, une avance de démarrage de 56 millions d’euros (environ 37 milliards de francs CFA) a été décaissée en mars 2024 sous garantie souveraine de l’État.
Pour les avocats, c’est ce versement qui a déclenché l’éviction brutale du partenaire sénégalais par la société étrangère AEE Power OPCI. Me Leity Ndiaye a ainsi posé la question centrale du dossier : « Où est passée l’avance de démarrage dans le dossier AEE Power ? ». Me Boubacar Koïta a renchéri en dénonçant une stratégie de diversion : « On parle de faux portant sur 900 millions, mais on reste silencieux sur des montants bien plus importants… La seule question qui vaille aujourd’hui est simple : où sont passés les 37 milliards du contribuable sénégalais ? ».
Une « co-traitance » stratégique et non une simple sous-traitance
La défense a tenu à préciser la nature du partenariat. Contrairement aux idées reçues, AEE Power Sénégal devait exécuter 60 % des travaux, dépassant largement le seuil légal de la sous-traitance (40 %). « Nous ne sommes plus dans une sous-traitance, mais bien dans une co-traitance », a expliqué la défense, soulignant que Seydou Kane a été le moteur de la structuration technique et financière du projet, avant d’être écarté une fois les fonds sécurisés.
4. Des accusations de faux jugées « incohérentes »
Concernant les accusations de faux et d’usage de faux, les conseils de Seydou Kane dénoncent une manœuvre dilatoire. Ils rappellent que le marché bénéficiait d’une exonération fiscale totale. Dès lors, « comment peut-on réclamer des frais d’enregistrement dans un projet exonéré d’impôts ? », s’est interrogée Me Dior Diagne. Pour les avocats, ces charges ne sont qu’un « dessein inavoué mais perceptible » visant à justifier l’éviction de l’opérateur sénégalais pour « capter les bénéfices du financement ».
5. Un appel à la justice et à la protection des investisseurs locaux
Enfin, Me Abdou Dialy Kane a déploré le sort réservé aux hommes d’affaires nationaux. « C’est ce que Seydou Kane en tant que Sénégalais a fait pour son pays qui malheureusement tente de le jeter en pâture sans fondement légal », a-t-il regretté. Pour Me El Hadji Amadou Sall, la violence des charges est inouïe : « Les charges sont brutales, parfois même violentes… C’est devant l’opinion que nous avons été attaqués, c’est donc devant elle que nous venons rétablir la vérité ».
La défense conclut en affirmant que « Seydou Kane est une victime, et non un responsable », et appelle les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur la traçabilité des fonds publics engagés.
