Dakar,12 Mai (SL-INFO) – Le Sénégal fait face à une vague préoccupante de cyberattaques visant des structures névralgiques de l’État. Après la Direction générale des impôts et domaines (DGID) et la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), c’est au tour du Trésor public d’être ciblé, avec une fuite présumée de 70 Go de données sensibles.

Interrogés par L’Observateur, deux experts alertent sur la fragilité des infrastructures numériques nationales. Gorguy Souleymane Ka estime que le Sénégal fait face à une « surface d’attaque » de plus en plus exposée, aggravée par un manque de coordination. Critique envers l’approche fragmentée des systèmes d’information, il avertit : « On risque d’avoir un black-out avec l’accélération de la transformation digitale ».

De son côté, Gérard Dacosta souligne que la transformation numérique rapide accroît mécaniquement les risques. Selon lui, au-delà du vol de données, une cyberattaque peut viser la déstabilisation de l’État : « Elle peut aussi viser à fragiliser la confiance dans les institutions », explique-t-il.

Pour faire face à cette menace, les deux spécialistes recommandent une centralisation de la surveillance via un Centre opérationnel de sécurité (SOC), un investissement massif dans la formation d’experts locaux et l’érection de la cybersécurité au rang d’enjeu de souveraineté nationale, au même titre que la défense du territoire.

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