Dakar, 19 Mai (SL-INFO) – La région du Cabo Delgado, dans le Nord du Mozambique, subit depuis presque 10 ans les violences de groupes armés, dénommés les shebabs. En 2019, ils ont prêté allégeance au groupe État islamique. Sur le terrain, les shebabs reproduisent le mode opératoire de toutes les filiales de l’EI en Afrique. Leurs attaques sont notamment marquées par des enlèvements massifs de femmes et d’enfants. Rasheed a 13 ans et vit depuis quelques semaines à Mocimboa da Praia avec une vieille tante. Rasheed vient tout juste d’échapper aux Shebabs. Il n’avait que sept ans, quand il a été enlevé : « La vie était très dure. Il n’y avait pas de nourriture. On allait dans les champs, on allait chercher l’eau et si on ne trouvait rien à rapporter, on nous frappait. On avait des bleus partout et des maladies. Ils nous ont appris la lutte et les armes. Je sais me servir d’une Kalachnikov. »
« Ils ont emporté mes deux filles »
C’est en 2020 qu’Olessa Ibrahimou a assisté impuissante à l’enlèvement de ses deux filles. Elles avaient alors 15 et 17 ans : « Les Shebabs avaient rassemblé tous les enfants. Quand ils m’ont vue, mes trois plus petits ont couru vers moi. Les terroristes nous ont épargnés car j’étais enceinte, mais ils ont emporté mes deux filles. Je pense à elles, à ce qu’elles deviennent, tous les jours. »
Les Shebabs se cachent dans les forêts. Sur le camp, les femmes sont leurs esclaves. Angelina Formane est assistante sociale pour Médecins sans frontières et a entendu de nombreux récits similaires : « Après être enlevées, elles sont mises en file et les combattants font leur choix. Les femmes sont utilisées pour porter le matériel de guerre. Certaines contrôlent les autres, pour empêcher les évasions. Et celles qui n’ont pas été choisies sont violées. Elles sont mises à la disposition du groupe. »
Grâce à une fugitive, Olessa a récemment eu des nouvelles de sa plus jeune fille. Elle est aujourd’hui mère d’un petit garçon.
