Dakar, 21 Mai (SL-INFO) 4 098 hectares. C’est la superficie actuelle de l’aire marine communautaire protégée de la Somone, contre environ 700 hectares à l’origine. Réuni mercredi, le comité de gestion a voulu répondre aux polémiques sur la réserve, qui concerne aussi la lagune et les villages de la Somone, Sorokhassap, Thiafoura et Nguéréo, dans les communes de Somone et Sindia.
Son président, Saliou Mbodji, a retracé l’historique du site et rappelé que la démarche de protection remonte à 1999, à travers une délibération du Conseil rural demandée par les populations locales. Il a aussi expliqué que cette dynamique s’inscrivait dans la continuité de l’expérience de Popenguine, avec des actions de restauration de la mangrove et de sauvegarde des écosystèmes côtiers. Plusieurs années plus tard, un comité de gestion a été mis en place vers 2007, avec l’appui des services techniques de l’État et de partenaires, rapporte Sud Quotidien.
Le responsable a insisté sur le fait que les activités conduites dans la réserve sont encadrées par un règlement intérieur élaboré avec les populations et validé avec l’appui des services compétents. Il soutient que l’extension de l’aire protégée s’explique surtout par la partie maritime, tandis que l’emprise terrestre n’a pas changé. À ses yeux, cette évolution répond à la pression foncière croissante autour de la lagune, avec des tentatives d’occupation progressive des espaces protégés.
Sur les accusations d’accaparement foncier, le comité oppose un démenti net. Saliou Mbodji affirme qu’aucune démarche n’a été engagée pour reprendre les terres des paysans. Il évoque au contraire des échanges avec certains propriétaires pour les orienter vers des activités agricoles compatibles avec la vocation écologique du site. Il estime aussi que certaines revendications relèvent d’intérêts spéculatifs plus que de projets agricoles réels.
Le président du comité a enfin rappelé que les zones visées sont classées non aedificandi et invite les citoyens à vérifier le statut foncier auprès du cadastre, des domaines ou des services administratifs compétents. Il a replacé ce débat dans un cadre plus large, marqué par le réchauffement climatique, l’érosion côtière et la montée des eaux. Il a aussi évoqué la rencontre internationale des aires marines protégées annoncée au Sénégal en 2027, en appelant les acteurs à privilégier la concertation.
