Dakar, 21 Mai (SL-INFO) Face à la recrudescence des menaces en ligne, le Sénégal fait de la sécurité numérique une priorité nationale. Lors d’un atelier organisé par Stellarix Sénégal, le Directeur Général du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI), Colonel Aly Mime a dressé un bilan lucide de la situation.

Le patron de la DCSSI a d’emblée rappelé que le Sénégal n’est pas épargné par la cyber-guerre mondiale : « Ces temps-ci, notre pays est visé. Nous subissons pas mal de cyberattaques. » Selon lui, l’ambition d’ériger le Sénégal en hub de services à forte valeur ajoutée à l’horizon 2034 « veut dire étendre la surface d’attaque », le cyberespace étant désormais devenu un champ de confrontation au même titre que la terre, la mer ou les airs.

Devant un parterre d’experts et de professionnels du secteur, le Colonel Mime a exhorté l’écosystème à abandonner le mythe du risque zéro pour embrasser une culture de la réactivité.

L’accent doit désormais être mis sur la capacité des institutions à encaisser les chocs et à restaurer leurs services de manière stratégique. « On ne peut pas dire qu’on peut bloquer, par exemple, des cyberattaques », a-t-il admis avec pragmatisme, avant de préciser la nouvelle doctrine de l’État : « Maintenant, on va aller vers l’autre pan, ça veut dire être, avoir des capacités de cyber-résilience. Quand une cyberattaque a lieu, qu’on arrive à se relever très vite. Et pour se relever très vite, il faut de la préparation. »

Pour opérationnaliser cette vision, le directeur de la DCSSI a insisté sur l’urgence d’une standardisation des protocoles de sécurité, tant au niveau étatique qu’au sein des entreprises privées. Il a notamment rappelé la présentation récente d’un Plan national de gestion de crises cyber tout en invitant chaque organisation à auditer ses propres barrières de défense.

Interpellant l’audience, il s’est interrogé sur l’existence concrète de plans de gestion des incidents, de reprise ou de continuité des activités des structures « avant que la cyberattaque ne survienne ».

 Le Colonel a conclu son intervention sur une note rassurante, affirmant que des « dispositifs opérationnels sont en cours d’opérationnalisation » pour blinder la souveraineté numérique du Sénégal.

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