Dakar, 21 Mai (SL-INFO) – Le climat social se tend au sein de l’administration financière sénégalaise. Par le biais d’un communiqué officiel daté de ce jeudi 21 mai 2026, le Syndicat unique des travailleurs du Trésor (SUTT) a exprimé sa profonde stupéfaction face au contenu de l’exposé des motifs du projet de loi portant Code général des impôts.
L’organisation syndicale fustige la proposition de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) visant à transférer le recouvrement des impôts locaux à ses propres services. Le SUTT qualifie cette initiative de tentative inopportune, infondée et inélégante de confiscation d’une compétence historiquement et exclusivement dévolue au Trésor public, affirmant que ses agents l’exercent déjà avec efficacité, responsabilité et professionnalisme. Selon le syndicat, ces velléités sont d’autant plus incompréhensibles qu’elles interviennent en pleine phase de déploiement du SIGIF, un vaste chantier de modernisation des finances publiques où le Trésor joue un rôle central.
Dans le même élan, le SUTT dénonce avec vigueur les manœuvres de la Direction générale des Douanes (DGD) qui, à l’occasion de la réforme actuelle du Code général des douanes, cherche à récupérer le recouvrement des droits de douane. Le syndicat fustige une ambition purement corporatiste qui s’opère au détriment de l’impérative relation entre le recouvrement et la trésorerie, un équilibre pourtant indispensable à une gestion efficiente des deniers de l’État. Face à ce qu’il qualifie de pratiques surannées fragilisant l’équilibre institutionnel, le syndicat interpelle directement les plus hautes autorités de la République et sollicite l’arbitrage du ministre des Finances et du Budget afin de préserver l’intérêt supérieur de la nation et la viabilité financière des collectivités territoriales.
Pour soutenir sa position, le secrétariat général du SUTT, dirigé par El Hadji Dioumorou Dia, exige dix-sept ans après sa mise en œuvre une évaluation objective et transparente par la Cour des comptes du transfert du recouvrement des impôts d’État intervenu en 2009. Le syndicat soutient que cette ancienne réforme a révélé un important manque à gagner pour les finances publiques, notamment en raison des lourdes rémunérations versées à des tiers intervenants comme les huissiers et les commissaires-priseurs, alors que le Trésor dispose d’agents exclusivement formés à cet effet.
Invitant les services des Impôts et des Domaines à se concentrer plutôt sur le respect du calendrier fiscal et sur la modernisation de l’assiette des impôts locaux qu’il juge obsolète, le SUTT se réserve le droit d’engager toutes les actions légales, administratives et syndicales nécessaires, tout en appelant l’ensemble des travailleurs du Trésor à rester mobilisés et vigilants.


