Kaolack, 23 Mai (SL-INFO) – La Section de recherches ( SR) de Kaolack a mis fin aux agissements d’un maître coranique qui se cachait derrière un faux compte Facebook pour escroquer des citoyens en quête de moutons de Tabaski. E.M.N.Diankha a été interpellé le 21 mai 2026 à 19 heures au quartier Sam de Kaolack et déféré le 22 mai 2026 devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kaolack pour usurpation d’identité et obtention indue de biens par voie électronique selon des informations exclusives de Seneweb.

La Fondation Mohamed Rassoul Dieng, créée en juillet 2022 pour venir en aide aux personnes démunies, avait lancé à l’approche de la Tabaski 2026 une campagne de distribution gratuite de moutons. Pour ce faire, elle avait publié une vidéo sur Facebook et TikTok, invitant les personnes intéressées à s’inscrire via ses plateformes officielles associées aux numéros.

C’est cette vidéo qui a attiré l’attention d’E.M.N.Diankha. Le maître coranique l’a récupérée et l’a republiée sur un faux compte Facebook ouvert frauduleusement au nom de la fondation, en substituant les numéros officiels par son propre numéro 76., enregistré au nom d’une certaine A.M,. Pour ouvrir son compte Wave, il a utilisé la carte nationale d’identité d’un certain A.Samb, retrouvée lors de la perquisition de sa chambre.

Un scénario bien rodé : 10 000 francs CFA par victime

Son mode opératoire était simple mais efficace. Lorsque des éventuels bénéficiaires l’appelaient pour solliciter un mouton, il leur annonçait que la fondation leur en offrait un, mais que les frais de transport du bélier fixés à 10 000 francs CFA étaient à leur charge. Les victimes, persuadées de recevoir leur mouton dans les heures suivantes, s’exécutaient sans tarder via Wave.

Sitôt les sommes reçues, l’escroc les transférait aussitôt dans le coffre de son application Wave pour éviter toute annulation.

En moins de deux jours, E.M. N.Diankha a ainsi soutiré la somme totale de 100 000 francs CFA à dix personnes, dont trois ont été formellement identifiées comme victimes : P.A.Diop, K.Mbacké et S.Diop, qui ont chacun versé 10 000 francs CFA.

La fondation et les victimes portent plainte

Alertée par les postulants, la coordonnatrice de la fondation, F. Dieng, a vérifié l’authenticité du compte incriminé et constaté qu’il s’agissait d’un faux. Elle a aussitôt déposé plainte auprès du chef de la Section de recherches de Kaolack, en même temps que les victimes. P.A.Diop a également contacté l’unité par téléphone le 21 mai 2026 pour signaler les faits.

Une enquête numérique décisive

Dès réception des plaintes, le chef de la Section de recherches de Kaolack a ouvert une enquête et saisi les techniciens en investigations numériques. Des réquisitions ont été adressées à la Direction générale de Wave Sénégal et à l’opérateur de téléphonie YAS pour obtenir le relevé des transferts entrants et sortants sur le numéro incriminé.

Les investigations ont permis de localiser le numéro 76., au quartier Thioffack et d’identifier le point Wave « Kaolack Transfert », géré par K.T., où le mis en cause avait l’habitude de retirer les sommes perçues. Les enquêteurs ont établi que la veille de son arrestation, deux retraits avaient été effectués : 90 000 francs CFA et 10 000 francs CFA.

Confronté aux résultats, K.T a reconnu connaître la personne qui venait régulièrement retirer de l’argent sur ce compte. Il a conduit les enquêteurs au domicile de B.D., devant lequel se trouvait un intermédiaire qui, sans contrainte, a désigné et présenté E.M. N.Diankha aux gendarmes. Ce dernier a été interpellé le 21 mai 2026 à 19 heures au quartier Sam.

La perquisition de sa chambre a permis de saisir le téléphone supportant la puce 76., ainsi que la carte nationale d’identité d’A.S., utilisée pour ouvrir frauduleusement les comptes Facebook et Wave. Confronté à ces éléments, E.M.N.Diankha a reconnu sans ambiguïté être l’auteur des faits.

Au terme de l’enquête, E.N.Diankha a été déféré ce vendredi devant le procureur Abass Yaya Wane chef du parquet du Tribunal de grande instance de Kaolack.

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