Dakar, 09 juin (SL-INFO)  N. K. Dramé, 23 ans, demeurant à Grand-Yoff, a été condamnée à deux ans de prison ferme et à verser 5 millions de francs CFA en réparation du préjudice infligé à sa victime, le commerçant M. Camara. Elle a été jugée et reconnue coupable d’escroquerie au mariage par le tribunal des flagrants délits de Pikine/Guédiawaye, jeudi dernier.

D’après le récit de L’Observateur, qui a assisté au procès, les deux parties se sont connues en 2021 par l’intermédiaire d’un ami coiffeur de M. Camara. Plusieurs échanges téléphoniques plus tard, le commerçant tombe amoureux et parle mariage, croyant avoir trouvé la femme de sa vie. N. K. Dramé lui présente ses parents ; lesquels, au bout du fil, l’invitent à accélérer la cadence pour l’union pour le meilleur et pour le pire.

Mais subitement, un élément nouveau surgit. La jeune dame confie à son amoureux qu’un de ses cousins paternels se positionne également pour l’épouser. Preuve de son attachement à son couple, N. K. Dramé met son petit-ami en rapport avec un marabout nommé «Def Guiss», chargé d’écarter «l’intrus». Ce dernier réclame 80 000 francs CFA pour des sacrifices, M. Camara verse l’argent.

Quelques jours passent. Celle qu’on lui a présentée comme étant sa future belle-mère le contacte, toujours au téléphone, et réclame au commerçant 1,8 million de francs CFA en guise de dot. M. Camara, une nouvelle fois, se plie. «Alors qu’il ne reste plus qu’à formaliser les choses, coup de théâtre : la ‘belle-mère’ informe son ‘futur gendre’ que la jeune femme a été violée par le prétendu rival, relaye L’Observateur. Inquiet, il se rend à l’hôpital, mais y apprend une tout autre réalité : N. K. Dramé est déjà mariée et enceinte. Déçu et blessé, il coupe les ponts.»

Pas pour longtemps. «Après son accouchement, narre le quotidien d’information, la jeune femme reprend contact. Elle explique avoir été mariée de force et assure vouloir toujours l’épouser avant de solliciter une aide financière pour rembourser la dot versée par son ex-mari. M. Camara lui remet 500 000 francs CFA puis 1 million supplémentaire pour les préparatifs de leur propre mariage.»

Avant que le projet d’union se concrétise, la femme annonce à son petit-ami être enceinte de lui. «S’ensuivent de nouvelles demandes : 300 000 pour des frais médicaux, après un supposée tentative d’avortement, 350 000 pour obtenir sa libération, après une prétendue arrestation, 200 000 pour organiser le mariage. Pourtant aucun des projets de mariage n’a abouti», pointe L’Observateur.

Ce n’est pas tout. Quelques jours après cet épisode, la «mère» de la prévenue annonce à son «gendre» que la tante paternelle de cette dernière serait décédée. Cette fois-ci, M. Camara prend le temps de vérifier l’information. À l’arrivée, il apprend de la sœur de N. K. Dramé que la dame en question est morte depuis plusieurs années.

Conscient enfin qu’il est victime d’une escroquerie organisée, le commerçant porte plainte. À la barre, l’accusée reconnaît avoir reçu de l’argent du commerçant, mais conteste le montant avancé dans la plainte (5 millions). «Elle affirme avoir perçu entre 1 et 1,6 million seulement, utilisés, selon elle, pour préparer le mariage», reprend L’Observateur.

Objection de M. Camara, qui maintient devant le tribunal que lui avoir remis 5 millions. Pointant la «désinvolture» de l’accusée et convaincu de sa culpabilité, le procureur a requis un an ferme. Invoquant pour sa part «une relation sentimentale compliquée», et non une escroquerie, l’avocat de la défense a plaidé la relaxe.

Le tribunal déclara N. K. Dramé coupable, lui infligeant une peine supérieure à la réquisition du ministère public : deux ans ferme, assorti du versement de 5 millions au commerçant pour le préjudice subi.

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