Dakar, 10 juil (SL-INFO) – À la suite de la promulgation de nouveaux amendements à la Constitution qui permettent, entre autres, au président de prolonger son mandat de deux ans et de supprimer l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct, les principales figures de l’opposition ont formé une toute nouvelle Coalition du peuple pour contester ces changements et appeler les Zimbabwéens à la mobilisation. Un mouvement auquel les Églises et la société civile ont décidé de se joindre.
Au Zimbabwe, l’opposition, la société civile et les Églises se mobilisent contre les amendements de la Constitution qui permettent au président Emmerson Mnangagwa de prolonger son mandat de deux ans et de supprimer l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct.
Après l’adoption sans encombre de ces changements par le Parlement dominé par le parti présidentiel, la Zanu-PF, et leur promulgation, mardi 7 juillet, les principales figures de l’opposition ont juré de les contester au sein d’une toute nouvelle Coalition du peuple, dans un rare geste d’unité après des années de répression et de scrutins entachés d’irrégularités qui les ont profondément affaiblies et divisées.
« On ne peut pas laisser le Zimbabwe glisser en silence vers une dictature constitutionnelle », a par exemple déclaré dans un post sur les réseaux sociaux Nelson Chamisa, le principal opposant du pays battu par Emmerson Mnangagwa lors de la dernière élection présidentielle, il y a trois ans.
« Nous n’avons pas peur ! »
« Nous allons déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle. Nos avocats y travaillent », ont-ils tous indiqué par ailleurs. Et entre-temps, nous appelons les Zimbabwéens à manifester, a déclaré l’opposant Lovemore Madhuku. « Nous envisageons des marches, des manifestations, des journées villes mortes et toute action qui exprimera le rejet des Zimbabwéens [pour ces changements constitutionnels]. Nous savons ce qu’ils [le pouvoir] comptent faire : ils se préparent à arrêter les gens, à les battre et à les tuer, mais nous n’avons pas peur, que cela soit bien clair ! », a-t-il déclaré.
Plusieurs responsables d’Églises se sont également joints à cette coalition. « Je suis ici en tant qu’homme d’Église. Je ne me mêle pas de politique partisane mais, cette fois, il s’agit du respect de la Constitution qui est au-dessus des partis et de la soif de pouvoir. Nous avons le devoir de parler quand quelque chose ne va pas, et ce que nous voyons est mauvais, profondément mauvais ! », a ainsi expliqué le révérend Kupa Mtata pour qui cette modification de la Constitution crée un dangereux précédent.
