Dakar, 16 juil (SL-INFO)-Sur le papier, les indicateurs macroéconomiques du Sénégal affichent des signaux au vert pour l’exercice 2024. Outre le taux de croissance global fixé à 6,3 %, le revenu national disponible brut par habitant a connu une progression nominale de 4,0 %, s’établissant à 1,3 million de FCFA. En parallèle, l’ANSD note une relative accalmie sur le front des prix à la consommation, marquée par une hausse modérée du niveau général des prix de 0,5 % mesurée par le déflateur du PIB. Cependant, ce tableau idéal peine à se traduire dans le panier de la ménagère, où le sentiment de cherté de la vie demeure persistant.
Cette distorsion s’explique par la structure même de la consommation finale. Si les dépenses de consommation des administrations publiques ont bondi de 8,5 %, celles des ménages privés ont enregistré un net ralentissement, passant d’une hausse de 5,6 % en 2023 à seulement 3,5 % en 2024. Les familles sénégalaises ont dû arbitrer leurs budgets face à la hausse des prix des produits de première nécessité importés, notamment le riz décortiqué et les produits pétroliers finis. De plus, l’économie reste largement dominée par le secteur informel qui représente encore 44,9 % de la valeur ajoutée globale.
Dans ce contexte de forte informalité, la richesse générée par les grands secteurs capitalistes, comme le pétrole ou les services financiers, peine à ruisseler efficacement vers les travailleurs indépendants et les foyers à faibles revenus, créant un décalage flagrant entre la rigueur des statistiques officielles et la réalité quotidienne des ménages.
