Dakar, 17 août (SL-INFO) – L’Association sénégalaise de défense des consommateurs (SOS Consommateurs) réagit vivement à l’annonce d’une hausse des prix des carburants au Sénégal. Dans un communiqué, l’association dit avoir appris « avec surprise et désolation » cette augmentation à travers un document qu’elle qualifie de « non daté, non signé et n’émanant d’aucune structure officielle du gouvernement ».
Selon les chiffres relayés dans ce document, le prix de l’essence passerait à 990 francs CFA le litre, soit une hausse de 70 francs, tandis que le gasoil serait porté à 755 francs CFA le litre, soit une augmentation de 75 francs.
Pour SOS Consommateurs, ces nouvelles augmentations constituent un « aveu d’échec » et une véritable opération de « Tass Yaakaar », estimant qu’elles auront des répercussions en chaîne sur plusieurs autres secteurs de l’économie nationale.
L’association remet également en cause les arguments avancés pour justifier cette revalorisation. Elle cite notamment les tensions au Moyen-Orient ainsi que le montant de la subvention aux carburants, annoncée à 245 milliards de francs CFA depuis le début de l’année, avec des prévisions de 47 milliards sur un mois et une projection globale de 1 069 milliards de francs CFA pour l’année 2026. « Nous ne croyons pas aux chiffres avancés qui sont des prévisions pour la plupart », affirme l’organisation.
L’organisation déplore par ailleurs le « silence total » de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), qu’elle accuse de ne pas jouer son rôle de protection des consommateurs.
À cet effet, SOS Consommateurs renouvelle sa demande de création d’une caisse de stabilisation et de péréquation, destinée à protéger les populations contre les fluctuations des cours mondiaux et les chocs exogènes. Face à cette situation, l’association réclame l’organisation d’un débat contradictoire ainsi que l’interpellation du gouvernement par les députés à travers des questions écrites et orales.
Enfin, SOS Consommateurs réaffirme son opposition catégorique à ces augmentations qu’elle considère, en s’appuyant sur des analyses d’experts, comme les prémices d’une restructuration financière qui « ne dit pas son nom ».
