Dakar, 24 août (SL-INFO) – À Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, à Conakry, en Guinée, une partie de l’immense décharge du quartier s’est effondrée dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026, tuant au moins 31 personnes, selon le dernier bilan provisoire communiqué par la Protection civile. Des blessés ont également été pris en charge et plusieurs personnes étaient toujours portées disparues dimanche. Les recherches se poursuivent.
Le drame s’est produit vers 2 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche, alors que de fortes pluies s’abattaient sur Conakry. Une partie de la montagne de déchets de Dar-es-Salam s’est effondrée sur des habitations et des baraques de fortune installées au pied du site, ensevelissant plusieurs maisons et surprenant leurs occupants dans leur sommeil. Les habitants racontent une nuit de panique.
Des recherches dans une décharge instable
Toute la journée, dimanche, les forces de défense et de sécurité ainsi que la Protection civile ont fouillé les tonnes de déchets à la recherche d’éventuelles autres victimes. Les secouristes avancent avec prudence, la masse de déchets restant instable.
De nombreuses familles attendent encore des nouvelles de leurs proches. À la mosquée du quartier, les familles des victimes sont inconsolables. Aidée par ses proches, une jeune femme tente de se remettre du choc après avoir perdu trois membres de sa famille.
Un riverain réclame le départ définitif de la décharge. « Nous voulons qu’ils nous enlèvent la décharge. […] Si on enlevait la décharge, c’était fini. Notre dernier espoir, c’était le pouvoir », témoigne-t-il.
Une fermeture prévue le jour du drame
L’éboulement s’est produit sur un site déjà considéré comme dangereux. Selon le gouvernement, la fermeture de la décharge était même prévue ce dimanche, avec des mesures d’évacuation des riverains.
« Ça fait des années qu’on cherche à ce que les gens puissent quitter cet endroit parce que vous-même, vous voyez les risques de santé que représente cette zone pour la population », explique Djénabou Touré, ministre de l’Administration du territoire. La veille encore, précise-t-elle, des équipes étaient sur le terrain pour demander que les familles puissent être délocalisées. « Nous allons faire en sorte que le reste des familles soient ailleurs », assure-t-elle.
Des éboulements mortels qui se répètent
Ce nouvel éboulement ravive également le souvenir de précédents accidents survenus sur cette décharge à ciel ouvert. Depuis plusieurs années, des habitants dénoncent les risques liés à la présence d’habitations au pied de l’immense montagne de déchets.
En 2017, un accident similaire avait fait neuf morts et une vingtaine de blessés sur le même site, se souvient Abdoul Karim, un habitant du quartier. Il met en cause la responsabilité de l’État, qui tarde selon lui à dégager cette montagne d’ordures.
