Dakar, 6 oct (SL-INFO) – ​Après plusieurs années de précarité et de revendications, les animateurs polyvalents entrevoient enfin une issue à leur situation. Reçus ce 5 octobre 2026 par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, leurs représentants ont obtenu des engagements fermes sur deux de leurs principales préoccupations : la clarification de leur statut et l’accès à une formation qualifiante.

​Le changement est notable pour ces acteurs de la petite enfance, notamment ceux des Classes préparatoires communautaires (CPC), dont certains cumulent plusieurs années de service sans véritable statut ni perspective de carrière. Ces dernières semaines, la contestation s’était intensifiée sur le territoire, particulièrement dans la région de Kolda.

​À l’issue de la rencontre, le ministre a annoncé la mise en place immédiate d’un comité chargé de recenser précisément les animateurs concernés et d’examiner les modalités de régularisation de leur situation. « Nous n’allons pas continuer à entretenir ce flou », a déclaré Moustapha Mamba Guirassy, précisant que ce comité devra déterminer de manière définitive le nombre d’animateurs polyvalents à régulariser.

​Sur la formation, l’une des principales revendications du collectif, la réponse du ministère s’est voulue sans équivoque : « Nous disons oui à la formation », a affirmé le ministre. Un plan de formation dédié sera ainsi élaboré sur la base des conclusions du comité. Pour Moustapha Mamba Guirassy, ce renforcement des capacités répond autant à une exigence professionnelle qu’à un impératif de qualité dans la prise en charge de la petite enfance. Les animateurs doivent en effet disposer de compétences transversales : « On les appelle polyvalents parce qu’ils doivent absolument être outillés en matière de nutrition, avoir des connaissances en matière pédagogique et avoir des connaissances aussi en matière de santé », a-t-il rappelé.

​Au-delà de la question statutaire, le ministre replace ce dossier dans le chantier plus vaste de la qualité de l’éducation préscolaire. « La petite enfance, c’est le socle le plus précieux que nous avons, que nous devons absolument bâtir et accompagner pour rendre plus performant le système éducatif », a-t-il souligné, avant de saluer le dévouement du personnel sur le terrain : « À qui nous devons reconnaissance, à qui nous devons des remerciements pour les efforts extraordinaires qu’ils déploient. »

​Les griefs du collectif portaient toutefois aussi sur l’intégration dans la Fonction publique, l’absence de plan de carrière et l’exclusion de certains recensements administratifs. Les animateurs dénonçaient notamment le fait d’appliquer le même quantum horaire et les mêmes programmes que le personnel officiellement reconnu, sans bénéficier des mêmes garanties socioprofessionnelles.

​La rencontre du 5 octobre ouvre donc une nouvelle étape : celle du passage des revendications aux réponses concrètes. La mise en place effective du comité, le recensement exhaustif des animateurs et le lancement du plan de formation seront désormais scrutés de près par les syndicats et les collectifs.

​Derrière la question du statut professionnel, c’est aussi l’avenir des tout-petits qui se joue sur le terrain. « Au-delà des animateurs polyvalents, il s’agit de la Case des Tout-Petits, il s’agit de nos tout-petits », a insisté Moustapha Mamba Guirassy, avant de conclure à l’endroit des animateurs : « Vous avez entre vos mains la petite enfance. Vous avez entre vos mains l’avenir de demain et l’avenir du système éducatif. »

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