Dakar, 05 Mai (SL-INFO) – Alors que deux bateaux ont déjà été capturés et un autre attaqué au mois d’avril au large des côtes somaliennes, l’Eureka, un navire battant pavillon togolais, a à son tour été détourné par des hommes armés se déplaçant sur de rapides frégates, samedi 2 mai. Le phénomène serait en grande partie lié au blocage du détroit d’Ormuz, épicentre du conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Les capitaines de cargos et de pétroliers sont appelés à redoubler de vigilance sur cette route maritime très fréquentée : alors que de nombreux navires sont contraints de naviguer au large de la Somalie pour éviter le détroit d’Ormuz, épicentre du conflit actuel entre l’Iran d’une part, les États-Unis et Israël de l’autre, les actes de piraterie se multiplient à nouveau dans la zone.
Sur de rapides frégates, des hommes armés sont en effet susceptibles d’attaquer les navires pour prendre en otage leurs équipages dans l’attente d’une rançon. Pas plus tard que samedi 2 mai encore par exemple, le pétrolier Eureka qui naviguait sous pavillon togolais a été détourné au large des côtes du Yémen avant d’être dirigé vers les côtes somaliennes.
Avant lui, deux bateaux avaient été capturés et un autre attaqué au mois d’avril. Si, pour Omar Mahmood, analyste à l’International Crisis Group, ces réseaux criminels de piraterie n’ont jamais vraiment disparu, la recrudescence de leurs attaques depuis quelques semaines est le fruit d’une opportunité dont ils entendent tirer partie.
« Je pense que ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large lié à la situation géopolitique globale. Le blocus du détroit d’Ormuz et la guerre avec l’Iran ont déplacé une grande partie de l’attention maritime dans cette région, un peu plus au nord, et les pirates somaliens entendent en profiter », explique celui-ci avant de poursuivre : « Fin 2023-début 2024 déjà, on avait assisté a une nouvelle hausse des actes de piraterie dans la région, puis les choses s’étaient un peu calmées début 2025, avec seulement quelques incidents mineurs sans gravité ».
Pour faire face à ces pirates organisés en clans dans la région du Puntland, dans le nord de la Somalie, les autorités du pays ne disposent que de peu de moyens, d’autant plus qu’elles sont déjà mobilisées contre les jihadistes du groupe al-Shebab et de l’État islamique qui sévissent également dans la région.
Après avoir atteint un pic en 2011, les actes de piraterie au large des côtes somaliennes avaient fortement reculé grâce à la mise en place de forces navales internationales et au renforcement des dispositifs de sécurité maritime.
