Dakar, 19 oct (SL-INFO) – Dans un nouveau rapport publié ce lundi 19 octobre, l’organisation de défense des droits humains affirme que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) lui a confirmé des exécutions sommaires de soldats maliens à Tabrichat, dans la région de Gao, à la suite de l’attaque d’un convoi militaire parti d’Anefis, en juillet dernier. L’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse également l’armée malienne et l’Africa Corps russe d’avoir tué et blessé plusieurs dizaines de civils au cours de récentes opérations militaires.

Human Rights Watch (HRW) publie ce lundi 19 octobre un nouveau rapport documentant de nouveaux crimes de guerre au Mali. L’organisation de défense des droits humains rapporte une série de bavures récentes de l’armée malienne et de ses partenaires russes de l’Africa Corps au cours desquelles plusieurs dizaines de civils ont été tués ou blessés. De son côté, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, a confirmé à HRW l’exécution de soldats maliens à Tabrichat, dans la région de Gao, en juillet dernier, comme RFI l’avait révélé.

Le 18 juillet, les jihadistes du Jnim et leurs alliés indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) attaquent un convoi militaire parti d’Anefis à destination de Gao. Une cinquantaine de soldats sont tués à Tabrichat. Parmi eux, au moins 19 ont été « torturés et exécutés », écrit HRW, alors qu’ils s’étaient rendus. En juillet, le FLA avait démenti toute exécution de prisonnier par ses hommes, et les sources jointes par RFI avaient rapidement pointé la responsabilité des jihadistes, citant notamment l’implication directe du fils d’Iyad Ag Ghaly, le chef du Jnim.

Le Jnim reconnaît mais ne punit pas

Interrogé par HRW, le groupe jihadiste confirme que ces exécutions ont « bien eu lieu » et qu’elles sont bien l’oeuvre de ses combattants : « Nous n’en avons pas donné l’ordre », « cela ne fait pas partie de notre politique » assure le comité chariatique du Jnim, qui précise toutefois ne pas avoir « jugé nécessaire de punir » les auteurs de ces exécutions.

L’organisation de défense des droits humains a pu interroger des parents des soldats exécutés à Tabrichat. À la mi-septembre, selon l’ONG, l’armée malienne n’avait toujours pas contacté les familles des militaires tués ou portés disparus à Tabrichat pour les informer ou les soutenir.

Armée et Africa Corps russe

Quant à l’armée malienne et ses partenaires russes de l’Africa Corps, HRW les accuse d’avoir « tué et blessé des dizaines de civils » au cours de plusieurs opérations récentes. L’ONG cite notamment des frappes de drone, comme celle du 19 août sur un marché à bestiaux à Tombonkoré, dans la région de Bandiagara – six civils tués et une vingtaine de blessés – ou des opérations terrestres, comme celle du 12 juillet près de Niono, dans la région de Ségou – cinq jeunes filles âgées de 10 à 13 ans abattues alors qu’elles récoltaient du riz dans un champ.

Pour ces différents cas, l’ONG a pu recueillir les récits de parents de victimes ou de témoins directs.
Devant ces « graves violations du droit de la guerre » commises par les belligérants, « les organisations internationales et les gouvernements restent en grande partie passifs », déplore HRW qui appelle l’Union africaine à « surveiller » « toutes les parties au conflit » et à «convoquer une session spéciale sur la protection des civils et la détermination des responsabilités».  

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