Dakar, 30 avril (SL-INFO) – La liberté de la presse dans le monde a atteint son niveau le plus bas depuis 25 ans, selon le dernier classement annuel publié par Reporters sans frontières (RSF). Cet indice compare la situation des médias et des journalistes dans 180 pays, avec une échelle allant de « très grave » à « bonne ».

D’après Al Jazeera, c’est la première fois depuis le lancement de cet indice en 2002 que plus de la moitié des pays évalués basculent dans les catégories « difficile » ou « très grave ». RSF y voit un signe d’une criminalisation croissante du journalisme à l’échelle mondiale. L’organisation indique aussi que 110 pays sur 180, soit plus de 60%, ont criminalisé les professionnels des médias sous différentes formes.

Seuls sept pays, principalement nordiques, obtiennent une évaluation « bonne ». La Norvège, les Pays-Bas et l’Estonie occupent les trois premières places. La France se classe 25e avec une note jugée « satisfaisante », tandis que les États-Unis sont 64e avec une situation qualifiée de « problématique ». RSF affirme que le pays a perdu sept places depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump.

RSF rapporte que Donald Trump a transformé ses attaques répétées contre la presse en politique systématique. L’organisation cite notamment l’arrestation du journaliste salvadorien Mario Guevara, ensuite expulsé, alors qu’il couvrait une manifestation contre des opérations liées à l’immigration, ainsi que la suspension de plusieurs médias publics. En Amérique latine, RSF souligne aussi la baisse de l’Argentine de Javier Milei, désormais 98e après un recul de 11 places, et celle du Salvador, classé 143e, en chute de 105 places depuis 2014.

L’ONG estime que l’Europe de l’Est et le Moyen-Orient restent les régions les plus dangereuses pour les journalistes. La Russie, classée 172e, et l’Iran177e, figurent dans les dix derniers rangs. RSF évoque aussi les guerres et les restrictions d’accès à l’information comme facteurs majeurs de cette dégradation. L’organisation cite les attaques israéliennes contre des journalistes à Gaza, en Cisjordanie occupée et au LibanIsraël est classé 116e.

Selon RSF, plus de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l’armée israélienne depuis octobre 2023, dont au moins 70 pendant l’exercice de leur travail. La directrice éditoriale de l’organisation, Anne Bocande, a déclaré que les atteintes au droit à l’information sont désormais menées au grand jour. Elle a mis en cause les États autoritaires, des pouvoirs politiques jugés complices ou incompétents, certains acteurs économiques et des plateformes en ligne insuffisamment régulées.

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