Dakar, 06 Mai (SL-INFO) – C’est un dossier qui glace le sang. Ce mercredi 6 mai 2026, José Pereira Mendes, un ancien dentiste de 61 ans, comparaît devant le tribunal de Mende, dans le sud de la France. L’homme est accusé d’avoir mutilé des dizaines de patients entre 2018 et 2021 dans son cabinet de Badaroux. Poursuivi pour violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente, escroquerie et blanchiment, il risque jusqu’à dix ans de prison.
Le mode opératoire décrit par l’instruction est effroyable. Le praticien, qui avait exercé auparavant au Portugal et au Mozambique, est soupçonné d’avoir arraché des dents saines par dizaines pour facturer des prothèses et des implants souvent inutiles ou mal posés. Une experte citée dans le rapport d’instruction est catégorique : la quasi-totalité des travaux effectués sont non conformes, inachevés et à refaire.
Parmi les témoignages de détresse, celui d’une patiente venue pour un simple abcès est particulièrement marquant : elle s’est retrouvée avec 16 dents saines arrachées. Aujourd’hui, elle confie souffrir en permanence et être incapable de manger normalement. Un autre patient s’est vu retirer 14 dents sans aucune justification médicale réelle. Au total, 44 victimes ont été formellement identifiées, mais le nombre pourrait augmenter au cours de l’audience.
À son arrivée au tribunal ce matin, l’ancien dentiste, apparu amaigri et s’aidant d’une béquille, a tenté de se dédouaner. Concernant le volet financier, il a affirmé aux journalistes être une victime de son assistante. Quant aux soins inachevés, il a simplement expliqué avoir dû stopper le travail suite à son incarcération en 2021.
En plus du calvaire physique infligé à ses patients, le Dr Pereira Mendes est accusé d’avoir escroqué la sécurité sociale à hauteur de 330 000 euros. Ce procès rappelle inévitablement l’affaire des dentistes Guedj à Marseille, condamnés en 2023 pour des mutilations massives sur près de 400 personnes. Le verdict de ce nouveau dossier de santé publique est attendu jeudi soir.
