Dakar, 7 sept (SL-INFO) – Les groupes terroristes du Sahel, principalement le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique, exploitent indirectement les mines d’or de la région pour se financer et recruter, selon un rapport publié par l’Africa Defense Forum (ADF). Plutôt que de frapper frontalement les sites, ces organisations s’implantent dans les communautés riveraines et le long des axes routiers pour exercer un contrôle économique.

Il ressort que le Burkina Faso demeure l’épicentre de cette violence, concentrant 75 % des incidents recensés, la majorité des attaques se produisant dans un rayon de dix kilomètres autour des gisements. Selon un analyste senior pour l’Afrique de l’Ouest à l’ACLED, les militants « s’emparent des villes et des routes avoisinantes puis taxent ou extorquent les mineurs et les commerçants, souvent en or, qu’ils peuvent ensuite stocker et blanchir ».

Cette stratégie d’extorsion s’appuie sur la taxation directe des acteurs miniers artisanaux et industriels. La directrice de l’Observatoire d’Afrique de l’Ouest à la GI-TOC, confirme que « lors de raids sur des bases, notamment celles du JNIM, que les groupes peuvent parfois posséder des quantités d’or très importantes ». Ces ressources alimentent une économie souterraine prospérant dans des zones frontalières stratégiques, comme la région de Kayes au Mali ou la zone frontalière entre le Burkina Faso et le Ghana.

Face à cette emprise, les experts redoutent une contagion de ce modèle de prédation vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.  Selon les analystes, « l’expansion du JNIM vers les frontières du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Ghana accroît le risque que les schémas déjà observés dans le Sahel central s’étendent plus au sud », transformant les zones minières en indicateurs avancés de l’instabilité régionale.

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