Dakar , 08 Mai (SL-INFO) – Le secteur énergétique sénégalais est secoué par un conflit qualifié par L’Observateur de « dossier aux enjeux financiers colossaux qui agite discrètement les coulisses du secteur ». Ce bras de fer oppose la Société africaine de raffinage (SAR) à la société privée Touba Oil autour d’un projet stratégique de terminal maritime et de « sea-line gazier » à Mbao.
Sur le plan technique, confie la même source, l’infrastructure envisagée doit permettre d’accueillir des butaniers de « 10 000 à 20 000 tonnes », contre une capacité actuelle « limitée à 4 000 tonnes ». Entièrement financé par des capitaux privés nationaux, le projet vise à moderniser la chaîne logistique afin de réduire les coûts d’approvisionnement et, à terme, alléger le prix du gaz butane pour les consommateurs.
Mais cette ambition industrielle est freinée par un contentieux juridique. La SAR a obtenu la suspension des travaux en invoquant une « occupation irrégulière de son foncier ». En réponse, Touba Oil a saisi la gendarmerie de la Zone franche, dénonçant notamment une « obstruction de servitude de passage » ainsi que des faits de « voies de fait, menaces et chantage ».
L’amertume est palpable du côté des investisseurs qui s’interrogent dans les colonnes du quotidien du Groupe futurs médias sur le signal envoyé au secteur privé national : « L’acte de la SAR n’encourage pas les investisseurs privés. Comment peut-on bloquer un financement porté par un privé national alors que le projet aura un impact direct sur les populations ? ».
Après l’échec de plusieurs tentatives de médiation, l’affaire est désormais pendante devant la Justice. Les deux parties ont rendez-vous le 12 mai prochain devant le Tribunal de grande instance de Dakar pour l’examen de leurs « plaintes croisées ». Le tribunal devra trancher entre la protection du domaine de l’État, défendue par la SAR, et la poursuite d’un investissement jugé « stratégique pour l’approvisionnement en gaz butane du pays » par Touba Oil, décrypte L’Observateur.
