Dakar, 05 Mai (SL-INFO) – « Le tandem Diomay moy Sonko n’est plus dans le coma. Il est mort. Il faut en prendre acte et avancer ». La sentence d’Alioune Tine, lâchée le 4 mai 2026, claque comme un verdict. Faut-il pour autant signer l’acte de décès de l’espérance collective née en mars 2024 ?

L’Histoire politique du Sénégal nous enseigne une leçon têtue : les grandes ruptures naissent rarement du choc des idées, mais du frottement des ego. La formule choc d’Alioune Tine ne fait que nommer une fièvre que tout le monde prend.

Prenons de la hauteur. Un État n’est pas un ménage où l’on divorce par lassitude. C’est une maison commune dont le toit tient sur deux piliers : la légitimité populaire et la stabilité institutionnelle. Or, fragiliser l’un au nom de l’autre, c’est risquer l’effondrement de l’édifice tout entier.

Le Sénégal a trop payé le prix des querelles de sommet. De 1962 à nos jours, chaque fois que le duo exécutif s’est déchiré, c’est le peuple qui a ramassé les débris : croissance en berne, confiance abîmée, jeunesse désorientée.

Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne s’appartiennent plus. Ils appartiennent au serment fait aux Sénégalais. Leur désaccord, si désaccord il y a, doit rester un débat de méthode, jamais une guerre de tranchées.

La maturité politique, c’est l’art de transformer la contradiction en complémentarité. Le président gouverne, le Premier ministre coordonne. L’un incarne, l’autre propulse. Quand la mécanique se grippe, on huile les rouages, on ne casse pas le moteur.

Que nous enseigne Serigne Touba ?

Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Khadimou Rassoul, nous a légué trois armes contre la division : « Jàmm, Kersa, Muň »– la Paix, la Retenue, la Patience. Dans Masâlik al-Jinân, il rappelle que « le plus fort n’est pas celui qui terrasse l’autre, mais celui qui se maîtrise dans la colère ». *Le conflit politique n’est pas une fatalité. Il est une épreuve où se mesure notre _jikku – notre grandeur d’âme.*

Face à l’adversité coloniale, Bamba a choisi l’exil, le travail et la prière, jamais la vengeance. Il nous apprend que servir son peuple passe avant se servir soi-même. « Travaillez comme si vous ne deviez jamais mourir, et priez comme si vous deviez mourir demain ». L’heure n’est donc pas à l’enterrement du tandem, mais au travail commun pour le Sénégal.

L’exemple de Cheikh Ibrahima Fall

Le disciple par excellence, Lamp Fall, nous montre la voie du dieuf-dieul – l’action loyale au service d’une cause qui dépasse sa personne. « Bokk naa » – « j’en fais partie » – disait-il. Il n’a jamais revendiqué la première place. Il s’est fait serviteur, cultivateur, bâtisseur, pour que l’œuvre du Cheikh prospère.

Si Lamp Fall vivait cette crise, il dirait à Diomaye et à Sonko : « Liggeeyal sa réew » – « Travaillez pour votre pays ». L’allégeance à un homme n’a de sens que si elle sert l’intérêt supérieur de la communauté. Le ndigël que le peuple vous a donné en mars 2024 n’est pas un chèque en blanc pour la discorde. C’est un mandat pour l’unité.

### Sénégal : Alioune Tine sonne le glas du « tandem Diomaye-Sonko »

« Il n’est plus dans le coma. Il est mort. » La formule choc d’Alioune Tine résume la crise politique qui secoue le sommet de l’État sénégalais.

Ce qu’il s’est passé

Le 4 mai 2026, Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, a lâché une bombe sur X : « Faut-il attendre une crise institutionnelle […] Le tandem Diomay moy Sonko n’est plus dans le coma. Il est mort. Il faut en prendre acte et avancer ».

Cette sortie intervient après des semaines de tensions au sommet de l’État.

Les signes de rupture

1. La « dépastéfisation » : Le 30 avril, Diomaye Faye limoge Ousseynou Ly, proche de Sonko, remplacé par Me Abdoulaye Tine. Rewmi titre « Diomaye enclenche la ‘dépastéfisation’? », Point Actu parle du « début de la désonkoïsation ».

2. Le meeting de Mbour : La Coalition Diomaye Président organise un grand meeting le 9 mai au Stade Caroline Faye. L’Obs y voit « un test grandeur nature » et une démonstration d’autonomie du président vis-à-vis de son Premier ministre.

3. Plus de cohésion : Pour Alioune Tine, « Il n’y a plus de cohésion, plus de solidarité gouvernementale, plus de respect. Rien que des querelles ».

Que veut dire « mort »?

Il ne s’agit évidemment pas des personnes. Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko sont vivants. Tine enterre l’alliance politique qui les a portés au pouvoir en mars 2024. Le slogan « Diomaye moy Sonko » – Diomaye c’est Sonko – ne tient plus selon lui.

Et maintenant?

Alioune Tine presse Diomaye de « prendre ses responsabilités » et d’« ouvrir une autre page ». Le meeting du 9 mai à Mbour donnera le ton : divorce acté ou réconciliation de façade?

Conclusion : L’appel du Sage de Bandiagara

Enfants du Sénégal, Diomaye, Sonko, écoutez la voix d’Amadou Hampâté Bâ, ce veilleur qui nous a prévenus : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Allons-nous, par orgueil, incendier la maison pour chauffer nos ego ?

Hampâté Bâ nous enseignait que « les hommes ne sont pas des îles » et que « le conflit naît quand la parole ne circule plus ». Aujourd’hui la parole est malade. Elle tousse dans les communiqués, elle s’étouffe dans les meetings séparés. Il faut la guérir.

Le Sage de Bandiagara disait encore : « Si tu veux aller vite, marche seul. Si tu veux aller loin, marchons ensemble ». Le peuple sénégalais ne vous a pas élus pour aller vite. Il vous a choisis pour aller loin. Loin de la pauvreté, loin de l’injustice, loin des cycles de vengeance.

Souvenez-vous de sa parabole du baobab : « Il faut tout un village pour élever un enfant, mais il suffit d’un seul homme avec une hache pour abattre un baobab centenaire ». Le Sénégal est ce baobab. Il a résisté aux tempêtes de l’histoire. Ne soyez pas la hache.

Alors, Président Diomaye, Premier ministre Sonko, déposez les haches. Reprenez le kàddu – la parole qui répare. Comme le recommandait Hampâté Bâ : « Asseyons-nous et discutons ». Non pas pour savoir qui avait raison hier, mais pour bâtir ce qui sera juste demain.

L’histoire vous regarde. Serigne Touba vous inspire. Lamp Fall vous montre l’abnégation. Hampâté Bâ vous supplie de choisir la sagesse.

Car un jour, quand vous ne serez plus là, on ne dira pas : « Ils se sont combattus ». On dira : « Ils se sont dépassés pour le Sénégal ».

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